LES FEMMES SAVANTES
Déjà le ciel nacré s' argenté,
La forêt chante; Partout les fleurs ouvrent leurs yeux :
Dans le ravin, dans la prairie
Cest la féerie D'un clair matin prestigieux.
Dans les bois, les vallons, les gorges.
Les rouges-gorges Gargouillent en chœur, par milliers; Les leucanthèmes dans les herbes
Dressent leurs gerbes, Cest la fête des écoliers.
Que tous les Coqs-rouges avides
De beaux subsides Moisissent comme des dossiers Dans les antichambres austères
Des ministères Sous V œil paterne des huissiers!
Mais nous, fous d'amour et d'eau claire.
Chantons lanlaire!
Déjà le petit dieu malin T'invite aujourd'hui, chère amante.
Viens! mets ta mante Et ton bonnet. Près du moulin,
Je sais une épaisse feuillée Ensoleillée,
Assis dans le ga^on sojreujç,
Nous ferons rougir les cerises; !
Les folles brises Emporteront nos cris joyeux.
C'est un coin caché dans les charmes Et plein de charmes ;
L'on n'y voit point, l'air fatigué^
Des Anglaises au bord des routes Faire des croûtes.
Moi, j'aime mieux ma Mie, ô gué!
Hélas, hélas! pauvre chimère!
L'étude amère. Sous la garde d'un charlatan^ Retient à son cours de chimie
Ma tendre amie.
Mais où donc est VEros d*antanf
Où donc es-tu, fière amoureuse.
Franche et rieuse Qui, libre et les regards ardents.
Loin d'apprendre la botanique.
Faisait la nique, Croquant la pomme à belles dents.
Pleure à jamais, François Coppée,
Cette équipée!
Rosalinde a mis des bas bleus ; En chapeau pointu d'astrologue,
Elle épilogue Sur certains tissus vasculeux.
Sur les lobes et les méninges Ou les grands singes ;
Sans faiblir, elle vient à bout
De Darwin et de fœuvre entière De Brunetière,
Et de Comte à dormir debout,
Mimi Pinson célibataire Au front austère
Bi^n mieux que Potyin sait le grec, ri
Mais ne soufre plus qu'on l'embrasse. :^
Elle est de glace; =^ Nous déjeunerons au pain sec.
Quelle triste métamorphose l . \4.
Quand on lui pose La question de cabinet.
Elle f envoie — ô l'incivile l
Dîner en ville En tête à tête avec Ohnet.
Espérant forcer la consigne
Comme le Cygne, '.
Si tu voulais^ un beau matin, Braver Vhonnéteté, rebelle,
Et toujours belle Léda répondrait en latin.
Poète, ici tu rias que faire.
Ninon préfère Des docteurs chauves ou tout blancs Qui disent, en termes suaves,
Des choses graves.
Espérant qu'ils seront troublants.
Et quand, loin de tout piano.
Au Sesino, Las seul! nous prenons un vermouth, Verhaeren fol et frénétique
Lui communique Par à travers tout, Wolgemouth;
Et des demoiselles posthumes,
Perdant leurs plumes, — Ah! les trop vieux serments d'amour! — Lui lisent avec commentaire
Monsieur Voltaire Sous un gigantesque abat-jour.
Cesses^ chansons, rondes légères; Adieu bergères
Qui dansie^ au sommet du mont!
Nous n'irons plus cueilliry Lisette^ La violette.
Oh! le gâtisme de Gamond,