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LES JEUNES FILLES

La brise s'éveille et dans les buissons

Rient ses frissons; Dans le ciel léger la clarté changeante

Doucement s'argente.

Le long des maisons glisse le soleil;

Voici le réveil :

La beJle-dejour ouvre sa corolle.

Le ramier s'envole.

La rumeur grandit. Partout dans les champs

De timides chants S'élèvent avec la vive alouette,

Avec la fauvette.

Le ciel est en joie, et le brouillard bleu

Devient rose et feu; Le joyeux coucou, dans chaque demeure,

A gazouillé Fheure.

On ouvre la porte et les volets verts;

On voit à travers Les grappes de fleurs, les frêles ramilles

Des pâles charmilles.

Près dune fontaine, entourés d enfants

Aux yeux triomphants.

Des adolescents et des jeunes filles

Tressant des jonquilles.

Alors celles-ci, parmi les bosquets

Cueillent des bouquets, Ou baignent leurs mains et leur chevelure

Dans la source pure;

Ou parfois encore^ autour des pommiers

Remplis de ramiers^ En groupes fleuris, en guirlandes blondes

Entraînent leurs rondes;

Et leur robe d'or, d'azur ou d argent

Au reflet changeant, Plus légèrement qu'une campanule

A la brise ondule.

Mais le soleil monte et Pombre des fleurs

De mille couleurs Voltige en rayons, danse, glisse, joue

Sur leur tendre joue.

S'échappe et, parmi le treillis du mur

Et le raisin mûr, En poussière d'or, d'azur, décarlate

Tout à coup éclate.

De tiges d'iris, de glaïeuls, de lys.

De volubilis.

De rouges sorbiers, de feuilles dorées,

Maintenant parées.

Portant des rameaux roses de laurier

Tressés de mûrier^ Sous les verts berceaux des vignes qui tremblent

Elles se rassemblent.

Elles ont franchi, fères de leurs yeux.

Le courtil joyeux ; Soudain, par milliers, de leurs lèvres folles

Volent les paroles.

Plus nombreuses, plus légères encor

Que les feuilles d'or Que le vent d'automne, un matin emporte

Parmi Pherbe morte.

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