L'OUED-EL-AÏN
La nuit meurt. Voasis fuit son frêle sommeil. Le ciel, à l'orient, d'un ton bleu de turquoise^ Blanchit, s'éclaire et jette aux pics d'ocre et d'ardoise Le vague demi-Jour précurseur du soleil.
La source vive exhale un bruit frais de réveil. Et sur ses bords, distants à peine d'une toise. Mille insectes furtif s dont le vol s'entre-croise Font trembler leurs reflets dans le cristal vermeil.
Derrière le décor des granits et des palmes
S'irise l'infini des grands horizons calmes
Que l'aube avait frangé d'améthyste et d'argent;
Et partout se déroule et y splendide, recule
Le semis de points d'or qui, mobile et changeant.
Couvre le sable rose au fond du crépuscule.
Victor Orban