LE TOMBEAU DE BAUDELAIRE
Ceux de la race vile, avec leurs fleurs funèbres Et leurs drapeaux de deuil, parmi le saule et Vif, S'imaginent fêter un chanteur subversifs Dieu du mal, roi du rire et prince des ténèbres.
Pour eux, un sombre vol de blasphèmes célèbres Répand sa morne horreur sur le marbre tardif De Vartiste damné dont Vesprit convulsif Comme un féroce archet fait crier leurs vertèbres.
Mais nous, qui devinons ce quil a dû souffrir. Nous savons quelle Ombrie il rêvait de fleurir Pour le nouveau Jésus monté sur son ânesse.
Et que ce cœur d'automne, usé par sa splendeur. S'il nimba de ses feux la Haine et la Laideur, Adorait la Beauté, l'Amour et la Jeunesse.
ALBERT GlRAUD