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LA PRIERE D'HIPPOLYTE

Salut, blanche Artémisl Choisi parmi V élite Des éphèbes pieux et chastes^ Hippolyte, U initié divin, le libre et fier chasseur , T'adresse sa prière ici, dans Vépaisseur De ces sombres forêts.

O Souveraine altière!

Dont r esprit radieux domine la matière.

Pour toi j ai dédaigné V œuvre stérile et vain. M'enseignant les beautés de ton monde divin Tu dissipas en moi Ferreur et le mensonge.

Ta clarté m'éblouit, et mon âme se plonge Dans les pures splendeurs du royaume idéal.

Tu fus mon seul amour; et mon chant nuptial Pour toi seule vibra dans la forêt sauvage.

La fraîcheur de ton souffle emplissait le feuillage Quand je passais, humant Fair salubre des bois, A travers les halliers frissonnants, aux abois De mes chiens vigoureux. A moi tu te révèles Dans les taillis épaix pleins de clartés nouvelles; Cest toi qui, lorsque faube éveille les oiseaux. Lances des flèches d'or parmi les verts rameaux. Tu rôdes en ces lieux, et pourtant invisible; Tu m'appelles : j'entends ta voix douce et terrible; Tu hantes les vallons où je reviens m'asseoir. Partout je te devine, et ton ombre, le soir, Entre les roseaux noirs glisse le long des berges.

Salut, ô la plus belle entre toutes les Vierges, Artémis! au beau front d^ ivoire, aux larges yeux Où triomphe Fas^ur resplendissant des deux. Je f apporte aujourd'hui la couronne fleurie Tressée en ton honneur dans l'intacte prairie Que le pied des troupeaux, ni le cruel tranchant De la faux nont jamais violée, où mon chant Résonna solitaire et libre, quand Vabeille Butinait au printemps l'anémone vermeille.

Sur les sommets déserts, sur ces autels, c'est là Quen ta présence sainte, Hippolyte mêla Uéglantine au safran pour sa pieuse offrande. O Déesse aux yeux clairs! reçois cette guirlande. Et daigne, étant propice à cet humble trésor. En parer ce matin ta chevelure d'or.

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