LES ÉCOLIERS
La forêt s'enivrait de son premier réveil;
Dans les arbres mouvants voltigeait le soleil.
Et chaque feuille était un frisson d'or; des perles
Fusaient en mille feux quand s'envolaient les merles;
L'aube resplendissait. Soudain, au fond du bois.
J'entendis gazouiller un chœur de fraîches voix
Et je vis, dans l'as^ur bruinant sur les mousses,
A travers le rideau léger des jeunes pousses,
Une bande joyeuse et vive d'écoliers
Portant des thyrses blancs, des gerbes, des colliers
Faits de bouquets neigeux et de ramures vertes.
Sous les grappes dont leurs têtes étaient couvertes^
Sous le myosotis^ tiris ou le muguet.
Plus beaux, plus radieux encore, on distinguait Leurs doux yeux étoiles et leurs lèvres mouillées. Mais le vent du matin passa dans les feuillées Et fit, magique effet, pleuvoir sur ces enfants Les lumineuses fleurs des rayons triomphants.