A ROBERT
Lhomme. grossier souilie VivréssÉ Par des querelles et des luttes,
Sans comprendre la tendresse
Des violons et des flûtes.
Jetant verre et bouteille au lustre.
Sa fureur croit comme on l'esquive;
Ce n'est pas la faute au rustre
S'il n'a tué nul convive,
Lhomme bien né jamais n'oublie Que Bacchus, nu, libre et sublime
Reste dieu dans la folie,
Ôii l'offenser est un crime.
Mêlons au sang clair de la vigne
Les baisers, les chants et le rire Et que mon Robert désigne Celle qu'il faut qu'on admire.
Tu ne veux pas? Quel air sévère!
Ne fais point le Cat on, jeune homme l Je ne viderai mon verre Que si ta bouche la nomme.
Je suis discret. Ouvre ton âme!
Ton âme fraîche et vigoureuse
Ne peut ' brûler d*une flamme
Inavouable et honteuse.
Elle? Ah! malheureux! Dans quels gouffres Te précipite un sort atroce !
Je sais trop ce que tu souffres
Sous cette griffe féroce!
Je la connais, cette tigresse.
Sa chaude haleine et sa morsure!
Que Dieu t'aide en ta détresse
Et guérisse ta blessure!