‹ La jeune ItalieChapitre 7 sur 10 · ouvriers; le chanvre 10.000; la jiite · texte numérisé non relu

ouvriers; le chanvre 10.000; la jiite

Les mines sont au nombre*d'unf millier avec cinquante mille ouvriers produisant, avant la guerre, pour cent millions de lire de minerai, environ, soit deux millions et demi de tonnes de zinc, sept cents de lignite, trois <îents de pyrite de fer ou de cuivre, six cents mille de fer, cent cinquante mille de zinc, quatre-vingtdix mille de mercure, autant de cuivre, cinquante mille de plomb et deux cent mille de bitume. Il faudrait ajouter, cependant, les mines de soufre localisées en Sicile. On en trouvera l'étude complète dans Touvrage remarquable du Vicomte Combes de TEstrade :

La Sicile sous la monarchie de Savoie.

Dans là métallurgie, on compte environ soixante mille ouvriers produisant pour environ six cent cinquante millions de lire. Le ciment et la brique comptent douze mille fours et cent mille ouvriers; les industries mécaniques, treize mille entreprises avec deux cent mille ouvriers, dont les plus importantes sont les industries d'automobiles, de wagons, de locomotives, de turbines hydrauliques, de bicyclettes; les industries chimiques : deux cent

soixante-douze maisons avec douze mille o^^-^ yriers pour une production évaluée à deux cent millions de lire, dont la moitié d'engrais.

La guerre fut une grosse épreuve pour une industrie ainsi lancée. Dans quelle mesure, pourtant? On ne peut le savoir pour T ensemble du pays, l'Italie ne publiant pas de ces statis^ tiques que Ton trouve ailleurs, principalement en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis.

Àlais la Chambre de commerce de Milan en a établi une, qu'elle tient à jour, pour la région lombarde. D'après cette statistique, en octobre, 1914 la situation se résumait ainsi :

L'industrie cotonnière, en août, réduisit ses métiers d'un tiers; dès le mois d'octobre, ils fonctionnaient tous, six jours par semaine.

Sur un total de cent soixante-dix mille ouvriers, on n'en a congédié que quinze cents, et aucune usine ne chôme plus. Dans les industries mécaniques, les vingt-six premiers établissements qui occupaient douze mille ouvriers, en occupent, en octobre, dix mille deux cents, dont cinq mille à horaire, normal, le reste à horaire réduit. Huit cents ouvriers travaillent aux; iftachines électriques sur un millier environ. La fabrication du papier n'a licencié que le dixième

de son personnel. La production pharmaceutique a repris complètement. Dans la parfumerie, on ne travaille que trois ou quatre jours par semaine. La fabrique de caoutchouc Pirelli a réduit, en août, à quatre, les jours de travail, puis le travail a repris, en octobre, toute la semaine pour la moitié des ouvriers, quatre jours pour Tautre.

Dans la céramique, sur seize cents ouvriers, treize cents ne font que des demi-journées.

Les industries alimentaires travaillent au plein, sauf les pâtes qui ont dû réduire. Les bonbons ont licencié dix pour cent de leurs ouvriers. Les boutons ont repris leur activité. Le sucre, qui occupe six cent cinquante personnes, en a licencié cinquante et a réduit son horaire d'un tiers.

Et voici ce que dit le bulletin mensuel de la municipalité de Milan sur le chômage au mois d'août 1914 : dans 1866 usines occupant 91.189 ouvriers, on a licencié 12.273 de ceux-ci, c'est-à-dire 13,45 % ; 47. 2H , c'est-à-dire 51,83 o/o travaillent à horaire réduit. Sur ces 1866 établissements, 138 ont fermé leurs portes, 966 ont réduit le travail, et 762 travaillent nor^ malement. Dans l'ensemble, les heures de tra-

vail sont réduites d'un tiers. On évalue à 500.000 lire par semaine la diminution des salaires. Les jpétiere les plus frappés sont les polisseurs de métaux, nickeleurs, etc., 23,85%; les électriciens, 22,59%; les briquetiers, 35,57%; les maçons, 26,14%; les verriers, 22,56%; lès vanniers 44,10 % ; les cordonniers 25,50 % ; les chapeliers, 28,90%; les carrossiers, 31,50%; et les joailliers, 30,10%.

L'importation des fruits, qui utilisait en juillet 242 voitures du poids de 22.313 kilos, tombe à 70 pesant 7.195 kilos. Les dépôts dans les caisses -d'épargne ont baissé de cent mille francs.

La perte ^ubie était donc sensible. Mais, on vient de le voir, en octobre déjà le mouvement a repris. On s'est mis au travail pour la guerre, pour l'étranger qui demande à acheter, et bientôt pour soi-même. Puis on songe à l'avenir.

On s'aperçoit que, dans la chaîne industrielle d'avant la guerre, si brillante fût-elle, des anneaux manquaient. Et ce sont ceux que détenait l'Allemagne. Chaque fois que l'Italie a voulu les forger elle-même — l'exemple de G.-B, Pirelli nous a fait voir comment les choses se passaient — elle a rencontré la brutalité de

rAllemagne qui s'y opposait, non sans succès 1^ plus souvent. Il y avait donc des lacunes à combler avec énergie et rapidité. Réveillée, en présence du danger, T Italie s'est mise à Toeuvre, et, par surcroît, a créé, comme nous r avons vu, les industries de guerre. Les chiffres suivants précisent le résultat « Sociétés nouvelles fondées depuis la guerre :

2'ne s.emesL de 1914, 81 sociétés == 39.598.875 lire

sociétés 334.195.745 lire

Augmentation de capital par les sociétés existant avant la guerre :

2™e semesl.

de

sociétés

= 32.735.900 lire

1er

rrt 393.820.125 —

sociétés

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