‹ La jeune ItalieChapitre 8 sur 10 · lire · texte numérisé non relu

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Au total, un milliard à peu près fut placé dans r industrie en d-eux an§ et demi. Pour le premier semestre de 1917 on évalue les sommes

nouvellement investies à 400 nrillions environ.

Et ces industries développées ou créées travaillent malgré la crise du charbon, dont quelques chiffres donneront l'idée* L^Italie, qui ne produit pas un gramme de charbon, importait chaque année dix millions de tonnes dont huit d'Angleterre, le reste d'Allemagne, au prix de trente à trente-cinq francs la tonne. Aujourd'hui, ce mênie charbon vaut entre six et sept cents francs pour les industries ordinaires. Celles de guerre et les chemins de fer sont alimentés par l'État qui cède le charbon à trois cent cinquante francs en moyenne, le coke montant jusqu'à quatre cent quarante-cinq. Détail peu connu : les agents allemands de la paix séparée n'ont cessé d'offriç à l'Italie le charbon allemand -— ou le français? — au prix de soixante francs, prix fait à la Suisse.

Les industriels italiens ont pourvu à la crise d'une autre manière, d'abord en brûlant du bois — et ici le Sacrifice est grand : la Sila de Calabre, par exemple, la célèbre forêt de^ la Sila, n'existe plus, et le problème du reboisement est l'un des plus importants de l'avenir, comme il l'était hier; . — en utilisant ensuite

les gisements de lignite, de schistes bitumeux et de tourbe; en se servant enfin de la force hydraulique. Celle-ci, avant la guerre, donnait un million de chevaux; deux ou trois autres millions furent aussitôt demandés. La grande idée de Cavour qui avait prévu de quel secours pouvait être, pour Tindustrie de la nation qu'il était en train de constituer, l'abondance des eaux précipitées des montagnes qui couvrent les deux tiers du sol national, cette idée se réalisa sous T empire de la nécessité. La première année de la guerre, avant rentrée au champ de T Italie, fut employée à construire les machines hydrauliques, moteurs électriques de transmission; des milliers d'hectares furent couverts de bâtiments, et la houille blanche aujourd'hui vient combler en partie le déficit de la houille noire. Serait-il prudent de s'imaginer, en France et ailleurs, qu'il ne restera rien après la guerre de toutes ces créations, de tous ces développements et de ces ressources dont certaines, comme l'hydraulique, ne dépendent de personne d'étranger?

Les banques italiennes ne sont pas restées en dehors de ces efforts. Je n*ai pas à insister sur le rôle capital que la banque joue dans les industries. En accordant ou en refusant Tescompte, elle peut soutenir ou ruiner les établissements, entre autres. Or, le portefeuille des banques italiennes a suivi la progression suivante dans les trois principaux établissements de crédit de Tltalie, qui ont pu, d*ailleurs, y pourvoir, en partie, gicâce à F accroissement des dépôts qui ont augmenté de cent cinquantedeux pour cent.

En millions de lire ;,

iyi2 IVlô iyi6 (30tyril)(ler»17arl«12

Banca Commerciale 412,8 394,8 816,7 904,0 + 491,2 Credito ^taliano 228,6 332,6 792,2 827,7 + 599,1

Banca di Sconlo 121,9 170,8 373,1 306,6 -f 184,7

Ces banques ne s'en tinrent pas là. En même temps qu'elles soutenaient à Tintérieur les industries nationales, elles s'efforçaient de lier des rapports plus intimes avec les pays alliés. Des accords ont été conclus avec des banques et des groupements étrangers en vue d'une

collaboration commerciale diaprés guerre. C'est ainsi que le Credito Italiano et un groupe de financiers anglais, à la tête desquels on remarque la London County and Westminster Bank, la Lloyd's Bank et la Canadian Bank of Commerce, ont fondé la Compagnie italo-britannica, à Milan, et la British Italian Corporation, à Londres, avec le programme d'intensifier les relations économiques entre l'Italie et l'empire britannique. La Banca Commerciale, de son côté, s'est mise çn rapports avec la London City and Midland Bank, et la Banca di Sconto s'est abouchée avec la London and South-Western Bank.

En Amérique, la Banca Commerciale et le Credito Italiano ont envoyé des représentants à New-York où, depuis quelques années, le Banco di Napoli possède une filiale destinée surtout aux émigrants.

En France a été créée une Union industrielle française. Le Credito Italiano s'est mis en rapports avec le Comptoir d'Escompte, la Banca di Sconto a ouvert une filiale à Paris où, depuis quelque temps, le Banco di Roma avait ouvert une succursale.

Enfin, on vient de constituer, avec le concours

des trois principaux établissements de crédit, une Société commerciale italo-russe destinée à accroître les échanges avec la Russie après la guerre. La banque comme Tindustrie son inséparable travaillent et se préparent à travailler plus encore. Qui oserait se contenter de les regarder faire?

Les finances de TÉtat ont fait preuve de la même confiance et de la même solidité. La guerre revient à un milliard par mois environ. On a créé d'abord, dès le début, un milliard et deux cent millions d'impôts nouveaux. On estime ensuite que la nation peut supporter davantage encore — et la pauvre Italie est bien plus chargée d'impôts que la riche France — comme des accroissements des taxes directes et de succession. On soiige aussi à surtaxer les vins, et à leur faire rendre de 300 à 1000 millions de lire de plus.

L'économie générale se ressentira- t-elle de ces augmentations? Il suffira, pour rétablir l'équilibre, d'augmenter d'un sixième la production annuelle du pays. Nul doute qu'on ne

le puisse, si on se rappelle le passé. En 1866 la moitié des impôts était absorbée par le service de la Dette. Il y a trois ans, celle-ci n'exigeait plus que 20%; les fonds d'État italiens étaient les plus haut cotés de tous; le budget se soldait en bénéfice. La façon, d'ailleurs, dont le peuple italien a répondu à F appel des emprunts de guerre indique sa capacité financière.

Depuis 1915, le gouvernement a émis quatre emprunts : deux à 4 14» deux à 5%. Ils furent souscrits avec la progression suivante :

!«' Emprunt National: 1.000.000.000 lire

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