‹ La jeunesse blancheChapitre 46 sur 72 · LES CLOCHES. IO · texte numérisé non relu

LES CLOCHES. IO

L'une disait : « Tes sœurs, voilà déjà quinze ans, Sont mortes ; leurs tombeaux n'ont plus de roses neuves. » Une autre gémissait : « Priez pour quatre veuves; Hier quatre marins sont morts sur les brisants! »

Une autre encor disait : « On vient d'abattre l'arbre Dont le bois doit servir à faire ton cercueil. » Puis une autre : « Vivants, pourquoi tout cet orgueil? La chair est une argile et les cœurs sont du marbre. »

Une cloche pleurait dans Fair endolori : « Il aimait une femme aussi fausse qu'impure ; Mais elle avait grand air dans son col de guipure. Un soir, il se tua pour elle. Elle en a ri !... »

Une petite cloche au travers de la brume Chantait : « Les enfants morts sont bien heureux; et j'ai Le soupçon qu'au printemps, quand ils ont voyagé, Leurs âmes ont l'odeur dont le vent se parfume. »

D'autres disaient encor : « Oh ! les cœurs transpercés Les âmes se cherchant en fuites éternelles î... n Et ces rumeurs, comme un appel de sentinelles, Montaient lugubrement des clochers dispersés!

Les derniers carillons dans le vent froid qui passe Faisaient un bruit de clés énormes, comme si Un noir geôlier marchait au fond du ciel transi Pour s'en aller fermer les portes de PEspace I

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