‹ La jeunesse blancheChapitre 47 sur 72 · PROCESSIONS · texte numérisé non relu

PROCESSIONS

Olanches processions, si blanches, si gothiques, Dans ma Flandre natale^, au temps des Fêtes-Dieu ! Blanches comme on en voit, sous un ciel calme et bleu. Emplir de leur lenteur les lointains des triptyques. —

Si lentes, dans le bruit des cloches s'animant, Le bruit des carillons et des cloches bénies Qui semblaient tout au loin répondre aux litanies Et mener le cortège au fond du firmament.

Si lentes à marcher sur les herbes coupées Qui revivaient un peu sous le vent approchant Des cantiques latins dont le grave plain-chant Mélancolisait l'air avec ses mélopées.

Si lentes ! on voyait dans les beaux soirs tombants Des étendards brodés de roses symboliques, Et les châsses dlargâfiit où dorment des reliques Et des agneaux pascals pavoises de rubans.

Puis s'avançaient, parmi le frisson des bannières, Tous les enfants de chœur, dans leur roiige attirail, Aux cheveux de missel, aux robes de vitrail, Comme dans un parfum d'indulgences plénières.

Des Madones, le cœur traversé de couteaux, Avec leurs manteaux bleus^ aux yeux de pierreries, Émergaient au milieu des longues théories Et souriaient debout, sur leurs grands piédestaux.

Des groupes recueillis de pâles orphelines Tristes, portaient des lis comme les âmes d'or De leurs parents défunts qui reviendraient encor Pour frémir dans leurs mains dévotes et câlines.

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