‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 138 sur 369 · TIT · texte numérisé non relu

TIT

Heureusement son attention ne tardail pas à être détournée vers un sujet plus convenable, l'étude de la Religion proprement dite, c'est à-dire du culte à rendre à Dieu (37). Là, les catholiques avaient à prouver qu'ils ne sacrifiaient ni à l’idolâtrie, ni à la superstition. Les prières pour les saïnts, quoi qu’en disent les protestants, ont leur utilité : si la vue intuitive ne représente pas aux saints tout ce qui se fait en ce monde, du moins connaissent-ils nos besoins. On ne saurait assurer que les âmes du purgatoire aient aussi ce privilège. Et c'est pourquoi l'Eglise, tout en permettant de leur adresser des oraisons particulières, est fondée à « ne pas introduire de prière à ces âmes dans son culte public, où il ne doit y avoir rien que de certain ».

Aussi bien ces questions ne sont-elles qu'un préambule à la théorie de la Prière. Il faut voir, en celle-ci, « un acte surnaturel ». Sans doute il en existe une autre, comme il y à une foi, où Dieu est « uniquement considéré comme l’auteur de la nature ». Mais la première est la seule vraie, la seule nécessaire. Supposez un fidèle en présence d'une tentation insurmontable : quel secours concevez-vous pour lui, sinon « la grâce immédiate de la prière » ? — Mais comment l'obtenir ? M. Icard ne s'engage pas dans cette difficulté ;- il se contente de citer cette

(37) Bailly, Ub,. laud., VII, 244.

Page 1