‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 185 sur 369 · LE COURS D'HÉBREU. INSTRUMENTS DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE COURS D'HÉBREU. INSTRUMENTS DE TRAVAIL

SOMMAIRE ie Progrès de Renan en hébreu; nouvel éloge de M. Le Hir. Premiers pas dans la Bible hébraïque :; les manuscrits de janvier-juillet 1844 ; énumération, description. Nature de

ces études. Leur ordre de succession. Comment distinguer la part de l'élève, et les auteurs’ qu'il eut entre les mains. Pp. 393-396.

II. Les Livres de Renan. GRAMMAIRES : les Principes de l'abbé Glaire. Schræder. Ladvocat. — DICTIONNAIRES : E. F. Leopold, J. Buxtorf; l'œuvre lexicologique de Glaire : Renan n'a utilisé que le Lexicon de 1843, et en fin d'année. Il n’a pas touché à Gesenius. — TEXTES et COMMENTAIRES : Chrestomathie de Glaire : quels morceaux y figurent. Bible hébraïque de J. Athias. Bible de Vatable (édition du XVIIIe siècle, avec les « versions nouvelles » de Pagnin et de Muis). Genebrard. M. Franck et son Essai d’une nouvelle traduction dw Cantique de Debora. Pp. 396-402. 3 :

III. L'érudition critique de M. Le Hir- Ses Dictionnaires de Gesenius. Ce qu'il dit de l’exégèse allemande ; comment il en use avec elle. Souvenirs d'E. Quatremère, de S. de Sacy, de M. Garnier. Les voyageurs : Bruce, Léon de Laborde. Pp. 403-406.

ee "2

Que Renan prenne alors, en hébreu, la tête d'une classe d’ailleurs peu nombreuse (1), il ne le dit pas, mais on le devine. En revanche, il ne cache pas ses progrès: «J'espère, à la fin de l’année », écrit-il le 6 février, «être d'une force raisonnable »; presque deux mois après, il n’est pas moins optimiste: «J'espère avant la fin de l’année savoir [l’hébreu] à peu près comme un bon élève sait le grec en sortant de sa rhétorique ». D'où lui vient tant d'assurance?

Tout d’abord, de la bonne organisation des études. Non qu'il se consacre exclusivement à l’hébreu; d’après sa lettre du 29 mars, il en est loin ; cette science n’a qu'une part dans les « travaux ardus et études abstraites », dans les «réflexions absorbantes » dont il dit, en avril, la sévérité. Cependant son emploi du temps est ainsi réglé qu'il peut donner à l’occupation favorite «toute l'étendue qu'il désire ». Surtout il a un guide excellent. Le Cours d'Hébreu constitue l’«avantage vraiment inappréciable » que lui procure le séjour à Saint-Sulpice. Qu'il écrive à sa sœur où à Liart, il laisse voir combien il est sensible à ces « facilités toutes particulières », qui l’attachent le plus fortement au Grand Séminaire (2).

Aussi continue-t-il d'exprimer à l'égard de M. Le Hir des sentiments qui font honneur à sa modestie. Il paraît lui savoir uniquement gré de ses progrès, comme s'ils n'étaient pas dûs pour une grande part à ses dons naturels. Son maître à le «talent de faire de l'hébreu l'étude la plus facile

(1) Cf. supra 108-109, et Fr. Int., 256.

(2) L. inédite à sa mère et Æ. I., 257; — L. Int., 167, 160-161; F. I., 255-256.

incomparablement qu'il y ait sur la terre ». Qu'une lettre de Liart, du 11 mars, lui apporte des « témoignages tout contraires », il ne s’en félicite que plus vivement d'avoir l'«avantage d'une bonne méthode et d'un bon professeur ». Et son admiration accompagne sa gratitude. Il se persuade qu'il n'est pas défavorisé, en suivant les Cours, non du Poitevin Garnier, mais du Breton Le Hir; celui-ci « ne le cède sous aucun rapport » à celui- 1à. Son mérite est « éminent »; il est si « érudit », si « pénétrant », que ses auditeurs en «tombent d'admiration ». Bref — et dans la bouche de Renan ce mot n'est pas une mince louange — le jeune professeur d'Hébreu de Saint-Sulpice est «un vrai savant ».

Ce jugement s'applique non plus seulement au grammairien, mais à l'exégète. À côté des leçons de grammaire qui continuent, l'explication de textes commence. Renan sait lire: or «sitôt qu'on sait lire, on sait traduire ». Il écrit à sa mère, le 6 février, que la classe est déjà en train de traduire la Bible. Epoque sans pareille, où, bénéficiant de son labeur précédent, il « peut pour la première fois comprendre dans leur langue native [les] divines paroles »! «Je ne puis te dire », mande-t-il à Liart quelques semaines après, « quelle joie j'[en] ai éprouvée ».

Sur ces premiers travaux, auxquels le chapitre précédent a déjà fait des emprunts, les manuscrits de la Bifrliothèque Nationale renseignent abondamment. Des indices non douteux rapportent aux sept premiers mois de 1844 les documents que voici (dans l’ordre où ils sont reliés) : 1° Etude du ps. LXVIIT; 2° de Juges, V; 3° de Gen, XLIX; 4° d'ib., I-XIL; 5° d'Erote, LVL 35006 d 10% XN- 0 Ede NDeut NX XTIE SE Ab AXE TH AbS TIME)

De ces différents morceaux, le n° 4, intitulé « Analvse grammaticale et critique des premiers chapitres de la Genèse » (4), sépare les chapitres consiciérés, sauf le second et le troisième (f° 316 r.), mais sans jamais séparer ni même distinguer les versets. Le n° 5 offre deux dispositifs lés chapitres T à IV de l'£rode y sont représentés par une « analyse grammaticale » sur quatre colonnes :: le mot hébreu, son équivalent latin, sa nature et sa racine; à partir du ch. V, l'aspect se simplifie : il n'y a plus que deux divisions : la marge et le corps du texte, c'est-à-dire la traduction latine et l'analyse de chaque verset. Quant aux autres numéros, dont l'objet ne dépasse jamais un chapitre, les versets peuvent y être et y sont séparés. Du reste, ils ressemblent au n° 4 en ce que les mots hébreux les plus difficiles, inscrits à gauche, sont étudiés en face. Mais ils comportent de plus une traduction d'ensemble, littérale, en latin; Renan a même transerit, au n° 3, Ja version des Septante.

(3) Cf. vol. 11.480, f°° 1-11, 23-25; 515-516, 26-35: 161-196: 275-276: 49 : 464-470 ; 472-493 ; 494-508 : 509-514. D PARTS ESS

(4) Ce titre correspond bien au contenu, puisque l'étude s'arrête après le ch. XII. Cependant une note à Gen., XI, 29 porte : « Nous trouverons plus tard en un autre endroit. », qui est ib,, XX, 12. ;

Page 1