IV
(39) Gen., XI, 28; Jug., V, 30. Cf. supra 382 et 413 n. 27 et infra 466.
(40) Voir le retour de la même formule en trois endroits : « Il n’est pas nécessaire de supposer » que Dieu ait tué des animaux pour revêtir Adam de leurs peaux; que le serpent avait des pattes avant sa condamnation; que /r « fût une ville bien considérable » (Gen., III, 21, 14; IV, 17). Ces deux dernières remarques tendent à surprendre le moins possible l'imagination de l'auditeur, ou sa raison.
Cf. infra 466.
le détail commk dans l’ensemble. Jusqu'où ce principe à conduit M. Le Hir, deùx exemples suffiront à le montrer.
Le premier concerne la couverture de l'arche : « Il est probable », lit-on dans les Notes de Renan, « que [ce] n'était pas la toiture entière. Comme les ouvertures qui servaient de fenêtres ne pouvaient se trouver sur les côtés à cause des flots, on pense qu'il régnait au-dessus de toute a longueur une ouverture qui servait à cet usage. Mais comme la pluie aurait pu entrer par là, Noé dut la couvrir de quelque manière, d'une peau imperméable, qui pouvait aussi couvrir le reste. Ce fut par là qu'il lâcha le corbeau » (41).
S'il n'est pas aisé d'imaginer une ouverture non vitrée, qui admette la lumière sans la pluie, la difficulté n'est pas moindre de calculer exactement la durée du Déluge (42). Il ne convient pourtant pas de s'y dérober. Cette durée s'établit, selon M. Le Hir, à trois cent quarante jours, ainsi décomptés : :
d'après VII, 12, 24, pluie et fortes eaux, 40 + 150 — 190 jours,
d'après VII, 3, 5, baisse progressive du niveau, — 150 jours, perdant lesquels les eaux diminuèrent 1° jusqu'à permettre à l'arche de reposer sur l'Ararat 2° jusqu'à laisser à nu les sommets des montagnes.
Noë séjourna donc dans l'arche un an environ, comme i) appert du tableau suivant (si Moïse a compté d'après l'année ecclésiastique) :
Fotréerdansalarcn en RER EEE ATPANBRE DB'arche-s'arréten (NII M) EE ECTErT SR NE € 17 septembre.
Les sommets deviennent visibles (4b., 5) ...... début de décembre. Noé ouvre la fenêtre et émet le corbeau (ib., 6-7) vers ie 10 janvier. La colombe ne revient plus (2b., 12) .......... vers le 24 janvier.
Ja terre est desséchée:; sortie de l'arche (4b.; 14-18) 27 avril.
D'autres rapports de temps sont notés quand il le faut. Il n’est pas dit, observe-t-on, que la donation d'une peau « ait suivi immédiatement la condamnation » des coupables. On rencontre ainsi, à force d'épier les indications du texte sacré, l’occasion de remarques littéraires. Les plus caractérisées sont celles qui soulignent un effet de style, comme la répétition d'un verset, « imitative du galop des chevaux », ou comme l'écart qu'il y a, au point de vue « poéticité », entre notre cuivre et l'airain des anciens. C'est là, d'ailleurs, un genre de réflexions qui ne réussit pas toujours à M. Le Hir : ne note-t-il pas, quelque part, qu’ «il semble qu'Abraham était un personnage sil considérable que c'était trop peu d'en parler comme simple accompagnant, et non en sujet » ? On apprécie d'autant mieux la finesse de ce qu'il écrit à propos de la tentation d'Eve : « On peut voir [dans le aph] une sorte d'adresse d'in-
(41) Po, XV 1 Gens OVITL 9 11,18;
(42) La raison en est — mais M. Le Hir était loin de le penser — que deux documents, dits J et P, alternent continuellement dans cette narration génésiaque
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