‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 264 sur 369 · RENAN ENTRE MICHELET ET THIERS · texte numérisé non relu

RENAN ENTRE MICHELET ET THIERS

dominicains, ce n’est pas à quoi Renan s'arrête. Ces résurrections factices, où pourtant bien des âmes pieuses voyaient alors une éclatante manifestation du renouveau catholique, il les condamnerait à fortiori, puisqu'à ses yeux, les ordres mêmes qui subsistent sont voués à la mort.

Si donc on veut un écho de son opinion, qu’on ne le cherche pas parmi ses coreligionnaires, mais plutôt chez G. Sand, Michelet ou Thiers. La romancière de Spiridion ne refuse pas quelques fleurs aux corporations monastiques du passé, mais à la condition que le présent en soit débarrassé. Le polémiste des Jésuites écrit : « Les machines de guerre sorties. de la religion de la paix, se trouvant. en contradiction flagrante avec leur principe, ont présenté dès leur naissance un caractère singulier de laideur et de mensonge; combien plus à mesure qu'elles s’éloignaïent des circonstances qui les avaient fait naître, des nécessités qui pouvaient en expliquer la naissance! De plus en plus en désaccord avec le monde qui les entourait, qui avait oublié leur origine. » (50). Le Rapporteur du projet Villemain conteste à M. de Carné que les congrégations soient essentielles au catholicisme; toutefois il consent une exception, en faveur de celles dont l’objet est « de procurer à des âmes fatiguées du monde le repos de la retraite religieuse » (51). A s’en tenir à ce qu'il écrit; Renan gsérait donc moins radical que Michelet et plus radical que Thiers.

Mais il faut croire qu'il ne se rend pas compte lui-même de Ia portée de ses paroles. Car enfin, ne s’appliqueraient-elles pas aussi bien (sinon mieux) au catholicisme, à l'Eglise ? N'est-ce pas là une institution enfermée dans une discipline séculaire, dans une dogmatique immuable ? Que quelques années s’écoulent : l’auteur du Zibéralisme clérical ét de Patrice qualifiera l'Eglise tout entière de « débris historique », il écrira même : « Nous voudrions employer nos plus précieux parfums à embaumer le christianisme, s'il consentait sérieusement à se tenir pour bien mort. Que si. ce vieillard que nous avons réchauffé.… se tournait contre nous, oh! qu'il meure AOL

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