LES PARTIS PRIS DE L'EXÉGÈSE
sur ce fait que le sens physique n'a pour lui l'unanimité des Pères qu'en ce qui concerne ignis.
Que si l'on ne respectait pas toujours l’Ecriture, on hésitait encore moins à manipuler les œuvres des Docteurs pour les besoins de la cause. Une dissertation récente du Cardinal Lambruschini venait d'offrir un exemple de ces procédés (126). Il avait trouvé chez Saint Thomas des passages très favorables, et d’autres très contraires à VI. GC. Qu'«un Théologien pareil [se fût] contredit», cela lui paraissait si invraisemblable qu'il concluait à une altération du texte. Mais portant sur quoi ? Bien entendu sur les passages qui s'écartaient de l'enseignement de l'Eglise.
Ces observations aident, nous semble-t-il, à comprendre que Renan ait pu éprouver le besoin d’une méthode libérée de ces partis pris. Encore n’apparaissaient-ils ici que dans la mesure où l'autorité prétendait. s'assurer l'appui de la critique. A plus forte raison risquaientils UÜe devenir sensibles, là où la part de la doctrine diminuerait au profit de l’histoire et de la philologie. Mais peut-être la méthode allaitelle changer elle aussi et s'adapter à ces objets nouveaux ? C'est de quoi il sera possible de juger, en passant de l'étude de la Théologie à celle de l'Ecriture Sainte.
(126) I s’agit de son Opuscule sur l’Immaculée Conception de Marie (1843).