LES PSAUMES ET L'HISTOIRE JUIVE
Ajouterons-nous qu'une méthode valable pour une pièce en particulier doit l'être d'une façon générale ? Comme chaque prsaume a son caractère, le Psautier tout entier a le sien. Aussi arrive-t-il à Renan de repousser une traduction, parce qu’elle donnerait au v. 3 du ps. IV un « ton » qui serait celui des Prophéties.
Si ces diverses sortes de connaissances décident l'adoption d'un sens ou son rejet, il y a aussi des cas où elles le font trouver. Elles ne sont plus un critère, mais un instrument de découverte. Ainsi pour le v. 5 du ps. CIIT, auquel une légende donne sa vraie signification; pour le v. 7 du ps. LXV, où la métaphore s'explique par une opinion répandue chez les Hébreux. En général, les figures reflèteu! les mœurs :le l'Orient : c’est particulièrement sensible dans le ps. XVT, dont Renan soupçonne le v. 5, entre autres, de se rapporter à « quelque usage ». Il ne se révèle pas un moins digne élève de Lowth en commentant les psaumes XCIII et XCVI. De même au ps. CVIII, v. 10, à propos de la phrase « super Edom projiciam. calceum meum » ; au ps. L, dont le téschéb (v. 20) doit être une allusion à un jugement. Ailleurs les « serviteurs » ou « les jeunes gens » sont les lévites ; le mot custodiens désigne peut-être les « gardes ordinaires » d'Israël, etc. (35).
Ainsi toute une civilisation s’est inscrite dans cette partie de la Bible. On peut en dire autant de l'histoire du monde (la Création et le Déluge s'y reconnaissent assez aisément) (36), et de ceile du peuple hébreu, qu'il n’est pas toujours commode de distinguer de la précédente (37). Les v. 33-34 du ps. CVII visent la destruction de la Pentapole. Tous les traits du v. 7, au ps. LXXVI, « conviennent parfaitement à l’établissement des Juifs en la Terre promise »; par conséquent d'autres versets, le onzième par exemple, ne doivent pas être pris dans un sens général : les « restes de la fureur » divine désignent sans doute « les restes des Chananéens qui avaient échappé au massacre ». Est-il besoin d'ajouter qu'il est bon de connaître le règne de David, ne fût-ce que pour comprendre les v. 8-9 du ps. CVIII ?
Jusque-là l'identification n’a pas été trop laborieuse. Mais certains textes psalmiques sont si vagues; ils concernent des faits si secondaires ou si fréquents, qu'on ne sait où les situer; surtout quand l’Eecriture n'en parle absolument pas. Relisons, par exemple, le ps. GVII. D'une part il offre des détails équivoques, où l’on se demande s'il faut voir le fléau des serpents relaté dans les Nombres, ou le « massacre des chefs dont parle Moïse » ; le v. 35 ne s'explique guère s’il a trait à la Terre promise, pourtant l'entendre ainsi est un moindre mal. D'autre part Moïse ne dit rien des événements mentionnés aux v. 11 et 13, 39-41 : ni des crimes dont la captivité (celle d'Egypte ?) aurait été le châti-