‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 274 sur 369 · CDR ACIER ON AVE CX SA CXXI · texte numérisé non relu

CDR ACIER ON AVE CX SA CXXI

(36) Ps. CIV, 7; XLVI, 4.

(37) Cf. le début du ps. XCIII : « le monde » ne serait-il pas « la seule Judée » ? Non.

ment, ni de l'établissement solide que les fugitifs auraient fait dans le désert, etc.

Ce même. psaume offre une autre source de difficultés : des « descriptions littéraires », qu'il serait erroné de rapporter à des contingences précises. Le lecteur de Lowth est assez averti pour ne pas commettre cette faute, qu'évitera pareillement sa critique historique. Il ne se méprend pas davantage sur le caractère des pièces purement morales. Néanmoins, il est toujours disposé, pour peu que le texte veuille bien s'y prêter, à « supposer quelque fait historique » qui lui donnerait sa juste valeur. Ainsi, le v. 7 du ps. CX ne serait-il pas une allusion personnelle au « héros de j’ode » ? Le v. 3 du VII, relatif à la louange que Dieu aime à tirer de la bouche des enfants, ne se rattacherait-il pas à un « fait judiciaire ou autre du temps » ?

Si délicat que soit ce commentaire, il ne l’est pas beaucoup plus que l'éelaircissement -des données géographiques. La Vulgate de Renan contient à la fin une carte de la Palestine et de Jérusalem, sur laquelle le séminariste a dû se pencher plus d'une fois. Il s’aide des Tables géographiques de N. Sanson pour localiser Tharsis : est-ce Tarse en CGilicie, ou Tartesse en Espagne ? Même dans la seconde hypothèse, on ne saurait prétendre que les Juifs aient bien connu l'Occident. La formule « d'une mer à l’autre » ne signifie pas qu'Israël ait étendu un elair regard au-delà de la rive méditerranéenne et des bornes de la Terre Sainte. Dans son horizon plus étroit, l’auteur du ps. CVII n'a-t-il pas commis | « erreur géographique » de se croire au nord de la mer ? Rien de surprenant dès lors à ce qu'on ait de la peine à identifier, sinon la Mer de $el au v. 34, du moins jâm au v. 3 : est-ce la Mer Morte, ou la Méditerranée, ou la Mer Rouge, ou le lac de Génésareth ?

La question des fleuves n'est pas moins embarrassante. Qu'entendre par les expressions du ps. LXVI, au v. 6, ou du ps. GX, au v. 7 ? Celleci désigne-t-elle le Nil ? Celle-là, qui s'emploie d'ordinaire pour l'Euphrate, conviendrait plutôt ici au Jourdain, sinon à la Mer Rouge. Le v. 9 du ps. CVIIT, lui, intéresse le relief : les montagnes d'Ephraïm y sont peut-être visées. Un mot du ps. XLVIII, au v. 3, ne sera pas traduit par elevatio, vu la petitesse de la colline de Sion, que les Juifs étaient les premiers à reconnaître. Climat, faune, géographie humaine, viennent aussi en considération. Tel verset n'a de sens que si le vent d'Orient était fort en Judée. Tel autre mentionne cet onagre auquel Renan se comparera plus fard. Ailleurs, où l’on ne sait trop si un pronom se rapporte à « la Babylonie » où à « Babylone », on réfléchit à la grandeur de ces villes, capables d'avoir « des fleuves et des saules au milieu d'elles ». A la ville aux remparts continus (38), on oppose et la tente du nomade, et ces « caravansérails », ces « Kans », que représente probablement l'expression civitas habitationis (39)

(38) Traduction de Renan au v. 3 du ps. CXXNII. A ps. XLVIII, 14, il voit un < terme de fortification ». À

(89) Ps. LXXII, 10; CVIII, 8; XLVIII, 8; CIV, 11, 18: CXXXVII, 2; CVII, 4.

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