‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 275 sur 369 · SA · texte numérisé non relu

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Cet ordre de recherches épuisé, l'hébraïsant doit s'occuper de certaines annotations qui se lisent, soit en tête ou en queue de certains psaumes, soit dans leur corps. Ces mots ou groupes de mots ne peuvent manquer d’avoir trait au caractère des pièces qui les contiennent.

Malheureusement, ils sont très obscurs. Qu'est-ce, tout d'abord, que maskil ? Quand il le rencontre en tête du ps. XLV, Renan prend ce terme pour un participe employé substantivement, qui désignerait l’auteur ; il le traduit par « l’habile compositeur », le « poèle ». Mais, au ps. LIV, il adopte plutôt le sens de Glaire : carmen, chant. Enfin, au ps. XXXII, il range ce mot au nombre des « noms techniques » à transporter tels quels en français.

Même capitulation pour schir et mizmor, après des hésitations qui répètent celles des commentateurs. Celui-là serait un canticum, sans instrument ; celui-ci un psalmus, « on croit avec instrument », ef, selon Vatable, sans participation de la voix. Mais Leopold n'est pas de cet avis, puisqu'il traduit schir par cantus ‘instrumentorum. La question serait restée pendante, sans une remarque que suggère un autre psaume. À chacun des deux noms y correspond rigoureusement son verberacine ; or celui de mizmor y précède une mention d'instruments, ce qui confirmerait le sens de « voix » pour schir (40). 4

Voilà ce qui regarde ces mots pris isolément. Mais il leur arrive, comme au ps. LXXXVII, d'être à côté l’un de l’autre. Ne forment-ils pas alors une expression nouvelle, et comment la rendre ? Par psalmus cantici, avec Vatable, et suivant son interprétation (41) ? Renan ne s’y oppose pas tout d’abord. Mais le fait que le ps. LXV disjoigne ces deux termes, en les séparant par Davidis, lui semble prouver qu'ils n’ont pas, réunis, la signification technique qu'on leur attribue. D'autant que ce cas n’est pas unique : bien que la ponctuation y soit moins considérable, le ps. LXXVI intercale, lui aussi, le nom de l’auteur (Asaph) entre mizmor et schir.

* Ce dernier mot apparaît une fois en construit avee un vocable différent : jediduth. L'élève de M. Le Hir les traduit par canticum amorum. Il est moins exprès dans ce qu'il dit d’un autre &xaë : mikhtéæm. Il paraît songer à la racine kétham, et aux vers dorés de Pythagore et des Arabes ; le sens de cette « énigme » serait alors carmen aureum (42).

On voit combien ces explications sont incertaines. Renan ne se fait pas d’illusion à leur sujet ; on le sent même légèrement impatienté par ceux de ses prédécesseurs qui n’accepleat pas d'ignorer. ils suggèrent, par exemple, que maskil désigne « un mode de musique, ou. un instrument » ; mais c’est là un « refuge quand on ne sait que dire ».

(40) Ps. XLVI ; LXXXV, LXXXVII; CVIII, 1-2 (cf. déja XCVIII, 4).

(41) Trav. de Jeun., 139 n. 1 et 140 (« Cantique à orchestre et à voix »). Cf. ps. LXVII.

(42) Ps. XLV ; XVI.

Peut-être cependant des indications de cet ordre sont-elles moins déplacées quand il s’agit de termes comme ha-gittith, schoschantim, almuth. Ils semblent, en effet, ou signifier un instrument ou un, ton, ou représenter le début d'un air connu. Dans le premier cas, schoschanim (lilia) serait l’hexacorde ou plutôt les cymbales ; dans le second, on conserverait à ha-gittith le sens de forcularia (43), almuth serait un ton (le soprano, selon Buxtorf) ou un air. L'on pourrait aussi, du moins pour ha-gittith, concilier les avis, en admettant qu'il exprime et l'instrument et le ton sur lequel on en jouait. A moins qu'on n'entende tous «es noms « de l'instrument ou tous du ton, et plutôt. tous du ton » (44).

Ainsi l’on éviterait de prendre dans un double sens leur préposition commune al. Le rôle de ce mot se précise d’ailleurs grâce au ps. VI, où il se trouve avec be. Celui-ci précédant neguinoth, qui désigne une « musique instrumentale » (45), al ne. ‘doit.1pas annoncer un instrument, Comme le terme qui le suit n’est pas non plus le commencement d'une chanson, il faut croire que al indique le ton : scheminith signifierait « le huitième ton, probablement très bas », la basse.

Toutefois le ton peut n'être pas toujours indiqué par al Renan ne se refuse pas absolument à voir une annotation musicale dans le mot « Degrés », présent en tête de plusieurs psaumes, et qui avertirait de le. chanter sur un ton très élevé.

Enfin, outre ces indications, toutes initiales, il y a lieu d'expliquer le sela intérieur à certains morceaux. Renan observe sa position avec une attention aiguë. Le plus souvent, il est répété, par exemple à « chaque quatrain de versets » du ps. XLVI Un grand nombre de pièces en offrent deux dans leur milieu, et « fort rapprochés l'un de lautre » (46). Au ps. LXVI (où celui du milieu est supplémentaire), ils encadrent « fort bien » le corps principal, et ce doit être là, semble-t-il, leur « place ordinaire ». L'exception des psaumes XLVIIT et L est « remarquable » : ils n’ont qu'un sela, lequel, tout au moins dans le second, marque très précisément la fin de la mise en scène, et le point où l’on passe de la « partie générale » à la « partie propre ».

Ce dernier cas aiderait peut-être à découvrir le sens de ce mot : surtout si l’on envisage les nombreux endroits où le sela coïncide avec une « reprise en opposition », qui correspondrait à un changement de Chœur. Il se traduirait alors par âvribalua. Il y a, il est vrai, d'autres raisons pour y voir, soit une note de musique, soit une pause, un

La RU de RES M. Le Hir apprend comment il traduisait ce mot : « Sur l'air Joyeux usité à Geth, ou sur l'instrument inventé dans 71 Fan ES i nté dans cette ville » (Les (AD EPS NIITE XL VS XII MVL, 15:

(45) Au singulier, ce vocable exprime à la fois « l’abstrai i | ( singulier, voci D à le $ abstrait (pulsatio) et une ode lyrique ». Neguinoth doit sans doute, au ps TV s'unir à i ! : sans , au ps. LXVII, s'unir à À 4 = ee sSunir à praecentori (&< prae

(46) PS UN KAIT d'A, 5 XX ME 10;

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