‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 280 sur 369 · EXAMEN DU TITRE ET DU CORPS DES PSAUMES · texte numérisé non relu

EXAMEN DU TITRE ET DU CORPS DES PSAUMES

tures contemporaines de la rédaction ? Non certes ! C'est ici qu'il faut, derechef, rappeler certaines conclusions de la critique textuelle. Il est probable qu'une formule comme le carmen aureum Davidis du ps: XVI n’est pas « primitive ». Et ce soupçon se confirme et s'étend à l’occasion du ps. XXXIV : « Les titres ne faisaient pas réellement partie des psaumes : ils ont été ajoutés postérieurement », — au profit de David, parce que l'esprit humain aime les personnifications. Il se peut aussi que l'expression « Psalmus Davidis » soit devenue « un simple nom de poème », la désignation d’un genre : c’est du moins ee qui paraît ressortir du titre du ps. CXXXVII dans la Vulgate, où ce « praume de David » est comme rapporté à Jérémie.

Au reste, aucune décision ne peut être prise, ici encore, avant l'examen interne du psaume. C’est lui qui révèle s’il y a lieu ou non d'« arguer » le titre « de faux ». Encore faut-il que la pièce soit assez caractérisée, ce qui n’est point toujours le cas (68). Mais quand la méthode est possible, elle aboutit plus d’une fois à une confirmation. Ainsi pour le ps. IV : il se donne comme de David, et il a « une certaine manière de voir les choses qui caractérise les psaumes de cette époque ». Au ps. VIII le constituisti du v. 6 correspondrait à la façon dont David à accédé à la dignité royale. Le ps. L paraît être effectivement d’un sage ; disons plus, lexaltation de la prière et des louanges « va bien dans la bouche d’un poète comme Asaph », etc. Ailleurs, au contraire, le titre perd toute autorité indépendante, s’it a été suggéré par un détail du psaume ; or c’est ce qu'il y a lieu de supposer pour le ps. CXXVII : son attribution à Salomon ne dériverait-elle pas tout simplement de ce qu’« il y est fait mention du temple » ? D'autres pièces décèleraient une main qui n’est pas celle de David : le ps. XVI, dû peut-être (?) à Elie fuyant la persécution, le LXV® qui proviendrait d'un Lévite, à en juger par la façon dont l'auteur insiste sur le bonheur qu’on goûte dans la maison du Seigneur, etc.

Voilà donc des psaumes dits davidiques, dont l’origine n'est pas beaucoup plus sûre que celle des anonymes. Ceux-ci se rencontrent notamment à la fin de la première centaine (69) : tout ce que Renan peut dire du XCOVIT:, c’est qu'il ne saurait, vu sa marche si différente, être du même auteur que le LXXXVII. D'autre part, l'analyse du ps. LXVI répond bien au fait que le titre n’a pas le nom de David. Enfin le v. 17 du ps. LXXT : « Deus, docuisti me a juventute mea », la cadence et un détail du CXXXVII* (70), « semblent indiquer un poète ou chanteur de profession ».

(68) Cf. le ps. CVIII : Renan n’ose'en sacrifier le titre davidique au corps du texte, où il reconnaîtrait une composition rabbinique.

(69) Le ps. XCVI, où le séminariste reconnaît un fragment du Cantique de I Paral., fait aussi l’objet d’une. note de M. Le Hir, qui s'explique sur les sources de attribution davidique (Les Ps., 219; cf. ib., 217, au ps. XCV).

(70) Le nostra du v. 2: « organa nostra ».

et les résultats de la critique historique, en es et l’auteur des psaumes étudiés. On mination, quand elle est possible, endate. Cependant le problème est encore de l'exégèse bi-

Tels sont les procédés ce qui concerne les cireonstanc remarque déjà que cette déter traîne le plus souvent celle de à neuf dans beaucoup de eas, et c’est l’un des plus délicats

blique.

Pour le résoudre, Renan s'est servi d'indices très variés, les tirant aussi bien de la forme que du fond.

On à vu plus haut la signification que l'apondance des variantes peut avoir sous ce rapport; le fait que l'avantage soit à celles de la Vulgate dans le ps. CXV constituerait une présomption d'ancienneté. Quant à la ponctuation et à l'accentualion, l'opinion dernière de Renan sur elles ne l'a pas empêché d'en accepter plus d'une fois le critère. Il est vrai que si la ponctuation du ps. LXXVI est ancienne, celle du n° CXXXVII présente cette singularité, ‘d'être antique dans les grands versets et assez moderne dans les autres. De même l'accentuation du ps. LXXI « est tantôt comme celle des anciens cantiques; tantôt elle offre des caractères de modernité ». Aussi peu décisive est l’absence du merka-mahpach. On peut y voir un signe de modernité au ps. CVII, mais ce n'est sans doute pas le cas pour le ps. LXV.

‘En second lieu, le critique observera si la pièce a un titre, et quelles annotations elle porte. Comme preuves d'ancienneté, il relèvera la présence de maskil et surtout du séla ; les psaumes récents seraient « anépigraphes », et pourvus de lalléluia initial. Autre considération : le parallélisme. Sur ce point, Renan est moins net qu'on ne l'aurait cru. D'une part il en note la grande rigueur dans les pièces du retour de la captivité, et il rapproche ailleurs ces deux traits “couleur antique, peu de parallélisme ». Mais le fait de n'avoir que peu ou point de parallélisme rend un psaume, à ses yeux, différent des anciennes Bénédictions de Jacob. Ce qu'il dit du rythme est plus catégorique : les vieux psaumes l'ont « peu sensible », « peu rigoureux », « abrupt ». Les pièces modernes se reconnaissent à un caractère opposé, ainsi qu'à la présence du «mètre singulier, de huit pieds etc. », qu'on constate au ps. CVII (71).

Enfin la langue donne lieu à des observations dont l'élève de M. Le Hir voit fort bien la portée (72) : l’une d'elles, déclare-t-il, pourrail « éclairer sur la date de la composition ». Aussi ne néglige-t-il rien, ni la grammaire, ni le vocabulaire, ni le style proprement dit.

(71) Ps. LXXI, CVII: XXXII ;: CXIV-d'après la Vulg.; LXXVI : XIV ë

collection des Desrés: LXVIL, L, LXXXVIT: LXV, VIII. PE Le (72) Les remarques de ce genre sont particulièrement momb

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Psaumes. Un affixe moderne (ij) détermine le Sulpicien à RSA oo. re

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Gé Sn ) ; lourd, il est plus récent (ps. LXXI, v. 20-24), ete. {Pp. 230, 306,

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