‹ La Jeunesse Cléricale d'Ernest Renan Saint-SulpiceChapitre 317 sur 369 · J. - LA POLÉMIQUE ROSMINI-GIOBERTI · texte numérisé non relu

J. - LA POLÉMIQUE ROSMINI-GIOBERTI

[Voir supra, p. 451 et n. 72]

L'histoire de cette ardente polémique remplirait un volume (1). La lettre suivante y fait allusion, et non seulement dans le passage reproduit, mais dans ceux qui le précèdent et qu’on à omis. L'année suivante, le conflit prit une nouvelle acuité, par suite de deux articles que J. Ferrari publia, dans la Revue des Deux-Mondes, sur Rosmini, son école et ses adversaires. Le second {15 mai 1844) contenait ce jugement : « Parmi les disciples &e M. Rosmini, il faut distinguer M. le Marquis de Cavours... Il écrit en français, et la langue française, en semparant du système de M. Rosmini, le simplifie, en efface les irrégularités, le discipline, et le mket à sa place dans l’histoire de la philosophie moderne ». Suivait un résumé des Fragments.

Arrivé à Gioberti, l'auteur ne lui ménageait pas les critiques railleuses. Mais le Turinois, que les Jésuites excitaient et soutenaient, riposta par un opuscule, à la fois pamphlet et apologie : Réponse à un article de la Revue des Deux- Mondes, par Vincent Gioberti. Voici comment il y juge le rosminianisme et ‘Cavour (2)

«… Un système étroit, stérile, sophistique, vide, jouant sur les mots, comme le scotisme du moyen âge, école qui glace les cœurs, dessèche la morale, comprime les intelligences.. et afflige les gens de bien par ses ignobles Gémarches et ses intrigues...

«… Lorsqu'on parcourt, en descendant, tous les degrés de l’école rosminienne, on arrive enfin à M. de Cavour, qui représente l'infiniment petit en matière de philosophie, M. de Cavour sait fort peu de choses ; mais il est gentilhomme. Il a eru qu'il suffisait d'être marquis et d’avoir les grandes entrées à la cour pour jouer le rôle de savant et être écouté comme un oracle. Il publia un livre rempli de lieux communs et de bévues théologiques qui égayèrent beaucoup le clergé de Turin, le fit répandre hors äu pays et prôner par la diplomatie Ayant daigné embrasser la philosophie de M. Rosmini, il s'imagina que tout Je monde allait s'incliner devant elle... ».

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