‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 100 sur 133 · Soo?ie after · texte numérisé non relu

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avait contribué si puissamment à inspirer la clémence, devenait, à mesure qu*elle se dérobait à Tavide espérance de Marie^ une sorte de ridicule et de danger politique pour celle-ci, une assurance et une force croissante pour celle-là. En vain Marie multipliait-elle les prières publiques et les processions, l'amer calice ne se détournait pas de ses lèvres. La délivrance fuyait de mois en mois. Alors les uns raillèrent; les autres parièrent de grossesse simulée, afin de maintenir les Anglais dans la tranquillité par l'attente d'une naissance qu'ils désiraient sincèrement *.Des rixes

1. H Toutefois le dict sieur de Noailles pense, et plusieurs autres, qu'elle sera aussy longuement grosse que son peuple sera en Yolonté de s'esmouvoir. » Advis envoyez au Roy, 27 juillet 1555. Noailles, t. I-II, p. 919. Arch, aff, étr. Cette simulation prétendue fournit au protonotaire, François de Noailles, Toccasion d'une curieuse diatribe contre la fausseté naturelle qu'il impute aux Anglais. Il écrit au connétable de Montmorency (27 juillet 1555) qu'il n'entreprendra pas de lui ramentevoir toutes les mutations survenues en Angleterre, car le Connétable les a enregistrées dans sa mémoire, mieux que lui ne saurait l'étendre. « Par ce, poursuit-il, il me suffit de tous dire que tous ceux qui se sont dellectez à escrire et inventer choses fabuleuses et controuvées n'ont sceu ne voullu faire élection de meilleur subjet que des avantures de cette isle de la Grand 'Bretagne, les livres desquelz ne sont enrichis que de toutes espèces de menteries. Brief, monseigneur, quiconque a voulu faire profession et tirer proffit de tout genre d'idolâtrie, d'hypocrisie, de faulces prophéties et de toute infidélité, n'a trouvé terre ne pays ou sa mercerie ayt été plus requise ne plus chièrement vendue qu'en cettuy-cy, ce que l'on veoit aujourd'huy clairement parmy eux, car ilz vivent si incertains en la religion qu'ilz ne sçavent ce qu'ilz doivent recevoir pour vérité et ce qu'ilz doivent rejetter pour mensonge. » De là, le protonotaire dénonce la grossesse simulée de la reine, « qui me fait croire que laditte dame a planté et estably Tobéissance de son règne sur le mensonge, que le mal commun des membres est parvenu jusques à la teste, et que par conséquent tout le corps a attaint le dernier période de son plus grand malheur, duquel je prie à Dieu vouloir engendrer une transformation d'heur et de prospérité pour qui je la désire (le roi de France sans doute). Monseigneur, on ne voit en cette royne et en ses subjctz rien de la vertu que l'apparence en tant qu'elle peut servir à conduire ses affections (conduire à ses fins). » Arch. aff, étr,, t. I-II, p. 925. Un Advis du môme jour (27 juillet 1555) porte que la reine est si affligée d'être déçue dans son espoir de grossesse, qu'elle r efuse toute nourriture, à la grande inquiétude des médecins, du roi et de l'Empereur, /cf., ibid.j p. 929. Le protonotaire ne s'aperçoit pas que son Advis sur le chagrin de la reine est contradictoire & sa lettre sur la simulation de grossesse.

terribles, avec mort d'homme, éclataient entre Espagnols et Anglais. On n*osa pas laisser célébrer la fête accoutumée de la Saint- Jean, de peur de nouveaux tumultes. A la Fête-Dieu, les Espagnols étant rassemblés dans une église pour la procession, le peuple faillit s'y jeter, en criant qu'il voulait faire des Vêpres siciliennes >. Les adhérents d'Elisabeth et des hérétiques répandaient avec une audace croissante que la reine n'était pas enceinte, qu'on voulait supposer un enfant. Renard, en rapportant ce fait à l'Empereur, ajoutait que les visages des particuliers étaient étranges et les plus mascrétés * qu'il eût jamais vus. Il avouait que les hommes auxquels on s'était fié davantage donnaient le plus de doutes. Il s'effrayait du peu d'intelligence entre les deux nations, du défaut de justice et de police. En même temps, les gentilshommes afQuaient à Londres, contrairement à leur coutume de passer Tété dans leurs résidences des champs; c'étaient des hérétiques, d'anciens rebelles, des parents et partisans d'Elisabeth. L'un d'eux vint dire à Noailles qu'ils étaient cinquante de la noblesse résolus de mourir ou de recouvrer leur liberté avant six semaines. L'ambassadeur ne déclina pas ces ouvertures, qui semblaient lui promettre quelque meilleure fortune dans l'avenir '. Mais le Conseil dissipa les cabales renaissantes, en commandant aux gentilshommes de s'en aller à leurs maisons et de n'en pas bouger. Ils se récrièrent qu'ils étaient gens de bien ; le chancelier répliqua que ce n'était pas tout de n'être pas traîtres, qu'il fallait encore être au-dessus de la suspicion. Parmi les congédiés se trouvaient les fils du feu duc de Northumberland et bon nombre de ceux qui avaient été mis à la Tour dans Taffaîre de Wyatt *.

1. GioY. Michieli au doge^ 27 mai, 26 juin, l*' juillet 1555. Dans Friedmann.

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