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toucher du genou la terre. » L*évêque Tapaisa et semonça vertement rinsolent Farrer.
Cette anecdote, malgré la précision du détail, est sujette à plus d'une difficulté. Ce fut, disent les narrateurs, peu de temps après la révolte de Wyatt > ; et en effet le langage de Farrer est encore tout chaud de la passion du moment critique. Or la révolte eut lieu du 25 janvier au 7 février 1554. Elisabeth, arrêtée à Ahsridge le 10 février, fut envoyée à la Tour le 18 mars, à Woodstock le 19 mai, et ne sortit de cette seconde prison qu'un an après, à la fin d'avril 1555, cette fois pour venir à la cour, où elle fut encore tenue à l'écart un certain temps. D'autre part, Philippe ne débarqua en Angleterre pour épouser Marie qu'à la fin de juillet 1554. Quant au cardinal Pôle , retenu sur le continent par l'Empereur, qui craignait en lui un protecteur de Gourtenay , il ne re\dt l'Angleterre que le 20 novembre de cette même année. Il est donc de toute évidence que Foxe et Holinshed ont commis un violent anachronisme, en mettant ces deux grands personnages aux pieds d'Elisabeth à un moment où elle -était prisonnière d'État et eux-mêmes encore sur le continent. Farrer parle aussi de brûler Elisabeth et les hérétiques, comme si les bûchers étaient déjà dressés. Or les procès pour hérésie ne commencèrent qu'un an après le soulèvement de Wyatt, en janvier 1555. Ainsi, le temps est aussi vague que certains traits sont confus et contestables.
En dehors de tout incident de hasard, tels que libelles et magie, Elisabeth, alors comme auparavant , était dans l'opposition quand même, par l'intrinsèque de sa situation. S'il y avait des mécontents, il semblait que ce ne fût que pour grossir la phalange de ses partisans. Si la reine subissait quelque déception douloureuse, elle était là pour en tirer profit, même sans s'en mêler, par le seul courant des choses.
Cette illusion de maternité chez la souveraine, illusion qui