‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 108 sur 133 · Gilles de Noailles, AviSj 11 et 18 juin 1556. /(/., ibid · texte numérisé non relu

Gilles de Noailles, AviSj 11 et 18 juin 1556. /(/., ibid

Ce projet de la faire partir soit comme fiancée du trop jeune don Garloâ, soit simplement comme personne peu sûre que Von éloigne du lieu où elle est dangereufie, le CSonseil s'en occupait^ tout en suivant le progrès du dernier complot. L'ambassadeur vénitien ayant remarqué qu'un courrier espagnol a\'ait £ait plusieurs fois, coup sur coup, le voyage de Bruxelles à Londres, finit par apprendre qu'il s'agissait d'enlever Elisabeth et de la transporter en Espagne. Le motif était de se garantir de toute émotion qui pourrait s'élever à cause d'elle, car le danger était considéré comme plus proche et plus certain de ce côté-là que de tout autre, parce que les esprits du plus grand nombre se tournaient davantage vers elle, à mesure que s'affaiblissait Tespérance de voir la reine donner naissance à des enfants *. Le même jour, 21 avril 1556, Noailles annonçait la même nouvelle au connétable. Mais, tandis que le Vénitien, témoin impassible, se bornait à renseigner son gouvernement, le Français se mettait en devoir de contrecarrer la cour d'Angleterre. Il tâchait, dit-il, de faire rompre cette résolution. L'instrument dont il se servait était le Piémontais Parpaglia, abbé de Saint-Salut, secrétaire du cardinal Pôle et son second dans la médiation que Marie avait tentée naguère entre l'Espagne et la France. Cet abbé lui faisait dextrement et sagement infinis bons offices ; et il assurait Noailles qu'il ne tiendrait pas à lui qu'il n'y fît encore mieux pour conserver la couronne à ses vrais successeurs *. Certes les Noailles étaient de zélés patrons d^Elisabeth, oublieux du temps où ils travaillaient à la fois contre Elisabeth et contre Marie, au profit de Marie Stuart. Toutefois, dans cette grave conjoncture, Philippe II fut pour elle un défenseur plus efficace encore. Marie ne pouvait ni ne voulait rien décider sans son aveu. Or, ce fut une décision de douceur et d'indulgence que le courrier, expédié en toute hâte aux Pays-Bas, rapporta de BruxeUes '.

1. « Ce manège, s'il est réel, ajoute-t-il, est tenu très-secret. » Londres^ 21 avril 1556. Friedm.

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