‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 11 sur 133 · Id. , ibid · texte numérisé non relu

Id. , ibid

jurant. Je voudrais que tout chacun en fût témoin. » Elle informa la reine de ces manèges. La prudente princesse parut traiter la chose légèrement et dit qu'à l'avenir elle accompagnerait son mari : ce qu'elle fit en effet '. Mais il lui échappait. Un jour, stimulée par la jalousie, elle le surprit les bras autour de la taille d'Elisabeth '. Alors elle congédia la coquette de quinze ans, d'ailleurs sans bruit ni scandale, et les apparences sauves. Cette séparation eut lieu dans la semaine après la Pentecôte, en 1548 3.

Etablie à Gheston * , Elisabeth lui écrivit de sa plus belle main la lettre suivante, étonnamment étudiée pour un âge où il siérait d'être novice :

« Si je ne sus pas vous remercier assez, à mon départ, de toutes les bontés que j'ai reçues de Votre Altesse, il faut me le pardonner un peu; car, vraiment, j'avais tant de chagrin de me séparer de Votre Altesse, surtout en voyant dans quel état de santé vous étiez 5 1 H est vrai, je vous répondais à peine ; mais mon émotion n'en fut que plus profonde, quand vous me dites que vous m'avertiriez de tout le mal que vous entendriez dire de moi. Car si Votre Grâce n'avait pas bonne opinion de moi, elle ne m'aurait jamais offert comme un service d'amitié une chose qu'ordinairement on prend tout au contraire. Que puis-je ajouter, sinon que je remercie Dieu de m'avoir donné de tels amis? Je désire que Dieu m'accorde comme un trésor la longue durée de leur vie; et qu'il me fasse la grâce d'avoir autant de reconnaissance dans le cœur pour ce bienfait, que j'ai de joie en ce moment à le témoigner par cette lettre. J'aurais encore beaucoup de choses à dire ; mais je m'arrête, sachant

1. Joseph Stevenson, Caleyidar foreign, 1358-1559, préf., p. un, d'après une pièce du Record Office y publiée pour la première fois.

2. Haynes, Confession de Thomas Parry, intendant d'Elisabeth, p. 96.

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