ELISABETH ET SIR THOMAS POPE. SA NOUVELLE DISGRACE
Marie désigna, pour tenir la maison de sa sœur et la représenter près de cette dernière, sir Thomas Pope et M. Gage, fils du vice-chambellan, sir Robert Gage, mort depuis peu *. Elle leur adjoignit une veuve noble, à titre de gouvernante. Provisoirement, Elisabeth fut conduite chez sir Thomas Pope, qui se défendit inutilement de cette lourde responsabilité.
Au reste, il était affectionné à Elisabeth. Il avait même fait partie de sa maison; il en était encore, quand elle avait été arrêtée à Ashridge et conduite prisonnière à Whitehall ^. Elle
i . Ces détails, à peu près inconnus jusqulci, sont tirés de deux correspondances qui s*accordent ensemble très-exactement : celle de Giov. Michieli, 2, 9 et 16 juin 1556. Friedman : et celle de Gilles de Noailles, Avis, Londres, 11 et 18 juin 1556. Arch. a/f. étr.y t. IV, p. 7, 8, 18. Miss Agnès Strickland admet que la reine donna à sa sœur le diamant ou anneau, et la confia à la garde de Pope, dès le 18 octobre 1555, quand elles se séparèrent & Greenwich après le départ du roi. Mais les deux correspondances que nous venons de citer sont formelles pour placer Tun et l'autre fait au 8 juin 1556. Lingard avait déjà adopté cette dernière opinion, d'après d'autres sources.
2. On peut se souvenir que d'abord les officiers d'Elisabeth adressèrent une lettre collective à Gardiner pour affirmer que leur maltresse était
se trouva donc plus à Taise et goûta une réeUe liberté sous l'œil d'un ami, — m libéra cuslodia^ comme dit Hey^'^ood *.
Quelques-uns des coupables de haut rang, tels que lord Thomas Howard, second fils du duc de Norfolk, les lords Bray et Delaware, furent épargnés, probablement parce qu'ils tenaient à de trop grandes familles; les autres, ceux d'ordre inférieur, les hommes de main, furent livrés au bourreau. Quelques-uns néanmoins échappèrent en payant une amende, comme Carew% ou en abjurant, comme le savant Gheke. Cependant l'ardeur de s'affranchir, dont les Anglais en grand nombre venaient entretenir NoaiUes, était si réelle, que les complots engendraient les complots, et les insurrections suivaient les insurrections. Henri Dudley, Ashton et Horsey, réfugiés en France, où Henri II continuait de les entretenir secrètement, malgré ses protestations contraires, dépêchèrent en Angleterre un jeune homme appelé Cleobury, qui avait une ressemblance frappante avec Edouard Courtenay. Cet aventurier, se donnant pour le jeune prince, proclama dans un village de l'Essex « lady Elisabeth reine, et son époux bien-aimé, lord Edouard Courtenay, roi. » Le peuple, ému d'abord, se saisit bientôt de Cleobury (juillet 1556) ; on Texécuta au mois de septembre.
Peut-être, dans les temps antérieurs, un incident de cette sorte aurait-il aggravé cruellement la situation d'Elisabeth. Cette fois, au contraire, le Conseil se borna par une lettre datée d'Eltham *, 30 juillet 1556, à mander à sir Thomas Pope d'informer lady Elisabeth de ce qui se passait, « afin qu'elle vît par là combien ces hommes étaient peu scrupuleux sur la fausseté et le mensonge, pour venir à bout de leurs desseins, puisqulls ne laissaient pas d'abuser du nom de Sa Gr&ce et d'autres per-
malade. On n'a pas leurs noms ; mais Thomas Warton rapporte avoir troavéy et il indiqae à la Bibliothèque Gottonienne, la minute de cette lettre, ou une copie de la main de sir Thomas Pope, avec des corrections et des interlignes de sa main. Life of sir Tkomm Pope, p. 78-82.