Id,, ibid
3. L'évêque de Dacqs au Connétable, 4 décembre ; au roi, i5 décembre 1556. Arch. aff. étr.^ t IV, p. 193 et 206. Ce départ fût si soudain, que GioY. Michieli n'eut pas même le temps de faire sa visite à Elisabeth. Lettre au doge, 7 décembre 1556. Friedm., p. 274. Warton et d'autres historiens qui n'en ont pas connu la vraie cause admettent qu'elle reconnut, au bout d'une semaine, que la retraite convenait mieux que le bruit de la cour à sa situation et à ses goûts. (Life of sir Thomas Pope, p. 105.)
4. Fille de Christian II, roi de Danemark^ et d'Isabelle, acsur de Charles- Quint.
Elisabeth. Mais Philippe était revenu au premier projet, afin, dit Noailles, que, sll ne tirait pas de cette couronne tout l'avantage qu'il avait pensé, du moins il en obligeât un ami, qui dans l'avenir empêcherait les Anglais de lui nuire '. Cette conjecture est la seule vraisemblable. Le roi parait avoir apporté alors à la conclusion de cette affaire une vivacité qu'on n'aurait pas attendue de sa lenteur naturelle. Il correspondait avec le Conseil privé ; il aiguUlonnait la reine.
Cette dernière redoubla d'efforts près de sa sœur. Mais elle se brisa contre un refus inébranlable. Dans sa colère, elle agita de nouveau l'idée de la faire déclarer bâtarde et de la priver du droit de succéder, pour en disposer en faveur de qui elle voudrait '. On assure qu'entraînée hors de sa modération habituelle, avec un flot de reproches, elle lui déclara que son héritière certaine et incontestée était la reine d'Ecosse '. Traquée ainsi et harassée, Elisabeth devint malade. Atteinte de la jaunisse et des pâles couleurs, la respiration courte et précipitée depuis les sévérités exercées contre elle , elle avait l'air de marcher vers une fin prochaine^. Malgré son énergie, elle se découragea et conçut la pensée de fuir sur le continent. Deux fois, à l'instigation de ses serviteurs, elle envoya, sous un déguisement, la comtesse de Sussex, demander à l'évéque de Dacqs quels moyens il aurait de la conduire en France. Heureusement pour elle, ses intérêts furent mieux compris de l'ambassadeur. MM. de Noailles n'en étaient plus à broncher sur les droits des vrais héritiers *. L'évéque rejeta bien loin ce conseil et lui en donna un autre dont elle se trouva mieux, disait-
1. Antoine de Noailles au Connétable, 12 mai 1556. Vertot, t. V, p. 365.
2. L'évéque de Dacqs, Mémoire à VAubespine, 15 décembre 1556. Arch, aff. éir., t. IV, p. 223.