Camden, Appay^atuSf p. xv
4. L'évéque de Dacqs, Lettre et Discours au Roy, 15 décembre 1556. Arch, aff, étr,, t. IV, p. 204.
5. « Que je ne dis jamais devoir estre autres que la sœur de ceste royne. » Extrait, on se le rappelle , d'une lettre d'Antoine de Noailles à M. d'Oysel, du 27 octobre 1555.
il plus lard ; car, si elle eût fait ce qu'on lui conseillait, elle n'aurait pas été reine*. Il soutint qu'elle devait demeurer en Angleterre, comme Marie sur la fin d'Edouard YI, lorsqu'elle s'était cantonnée dans le Norfolk, au lieu de laisser le champ libre à l'usurpation en se retirant auprès de l'Empereur. Voilà comment l'évèque eut des motifs de dire qu'Elisabeth lui devait sa couronne.
Et puis il importait aux visées de la trop peu scrupuleuse politique française, qu'elle fût là pour servir d'enseigne en quelque sorte. On allait jusqu'à rêver une descente de Henri II en Angleterre, où l'on ne doutait pas qu'il ne « trouvast assez de gens qui le prendroient par la main pour le tirer à bord, pourveu que ce fust sous le masque de Madame Elisabeth. » Là- dessus, l'ambassadeur, un homme pourtant judicieux, sagace et même profond, enivré de la perspective qu'il entr'ouvre, s'écrie qu'il n'y a point de plus belle Italie à son gré delà les monts qu'en ce pays '. Et sur le continent, si Philippe II vient à être battu, la reine à entrer en guerre pour le soutenir, « il n'est pas possible que la couronne ne luy tombe de la teste et qu'elle n'aille rouler si loing, que quelque autre la pourra ramasser avant qu'elle ayt ploré son péché '. »
On voit assez par ce langage à quel degré la cour de France haïssait Marie Tudor, sans autre motif que le choix que cette reine avait fait de Philippe d'Espagne comme époux, et sans qu'elle se fût permis jamais la moindre démarche hostile à Henri II. Mais on avait résolu, en l'enveloppant d'un réseau inextricable d'intrigues , de complots, d'insurrections à l'intérieur, de menaces du côté de l'Ecosse, de la tenir en alarmes, de miner son trône, de la mettre hors d'état d'embrasser les querelles de l'Autriche, si même on ne trouvait pas l'occasion toujours
1. Lettre de Tévêque de Dacqs à du Haillant, 22 décembre 1570. Vertot, t. I, p. 334.
2. UAngleterre. L'évèque de Dacqs à Bourdin, 22 janvier 4557. Arch. aff, éir., t. IV, p. 252, 253.