Memotias,,,^ p
ne se laisserait gourverner par personne ^ Doué, lui aussi, d'une grande pénétration, il la dépeignit en peu de mots : « Elle joint la finesse à une très-grande vanité. On doit lui avoir prêché beaucoup la manière d'agir employée par son père. J'ai grand'peur qu'en matière de religion elle ne pense pas bien, car je vois qu'elle incline à gouverner par les hommes qu'on regarde comme hérétiques '. » On pourrait dire que le règne d'Elisabeth est dans ces quelques lignes.
Quant aux seigneurs de la cour. Ferla partage sur eux la mauvaise opinion de Renard et de Noailles : la plupart des lords du Conseil et des autres lords sont à vendre au plus offrant '.
Elisabeth se sentit devinée et mal à l'aise en présence du sagace étranger. Devenu défiante, elle se renferma dans une extrême réserve. Aussitôt reine, elle se plaignit du comte de Feria, hautain, disait-elle, comme un véritable Espagnol, et déclara qu'elle serait charmée qu'un autre ambassadeur vînt prendre sa place *.
Philippe fut donc informé très-exactement des dispositions de sa belle-sœur, ainsi que de l'état de la cour et de l'opinion. Il y trouvait peu d'encouragement pour les vues toutes politiques qu'il pouvait former ultérieurement sur Elisabeth; ultérieurement, car il est du devoir de l'historien de lui rendre cette justice qu'il fut loyal à Marie jusqu'au bout, et qu'il ne donna pas le spectacle révoltant d'une recherche incestueuse, à côté et au mépris de la mourante.
Feria instruisit sans doute le cardinal Pôle de l'âpre langage auquel la princesse s'était laissée emporter sur son compte. Le