‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 19 sur 133 · Ou Durham-house. Voir plus baut^ p · texte numérisé non relu

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l'enquête contre ELISABETH 35

faire sa cour. » J'ai raconté aussi à M. Tyrwhit que l*intendant avait écrit ici que milord disait qu'il prendrait son chemin par notre côté, en allant à la campagne. Alors je commandai à Kate de lui écrire de la manière qu'elle jugerait la plus convenable, et de me montrer sa lettre, une fois achevée. Elle écrivit donc qu'elle n'approuvait pas ce projet, de peur de suspicion; et la lettre fut envoyée dans ces termes. Milord amiral, après en avoir pris connaissance, demanda à l'intendant pourquoi donc il ne pourrait pas venir chez moi, comme il allait chez ma sœur. Là-dessus, je fis récrire par Kate Ashley (dans la crainte que milord ne pensât qu'elle en savait à cet égard plus que lui) qu'elle ne savait rien, mais qu'elle se défiait. En conséquence, j'ai dit à M. Tyrwhit que, pour ce qui est de cet article *, je n'ai jamais consenti à rien de pareil, si l'on n'avait pas le consentement du Conseil. Quant à Kate Ashley et à l'intendant, jamais ils ne m'ont dit qu'ils voulussent y coopérer*.

« Voilà les choses que j'ai déclarées à M. Tyrwhit et dont ma conscience me rend témoignage, elle que, pour rien au inonde, je ne voudrais offenser en quoi que ce fût. Car je sais que j'ai une âme à sauver, tout comme les autres; et je m'en préoccupe par- dessus tout le reste. Si quelque autre chose me revient en mémoire, je l'écrirai moi-môme, ou je le ferai écrire par M. Tyrwhit.

« M. Tyrwhit et d'autres personnes m'ont dit qu'il circule des rumeurs grandement contraires à mon honneur et à mon honnêteté, que j'estime plus que tout le reste : à savoir, que je suis à la Tour et grosse de milord amiral. Milord, ce sont de honteuses calomnies; raison de plus pour moi, outre le grand désir que j'ai de voir le roi, de solliciter ardemment de Votre Seigneurie qu'elle me permette de venir à la cour aussitôt que vous l'aurez décidé, afin que je puisse me montrer telle que je fluis. — Écrit à la hâte. — Hatfield, ce 28 janvier (1549).

i . La recherche de ramiral.

2 Elisaheth ne veut pas articuler le mot cour ou mariage.

« Votre amie constante, selon mon faible pouvoir K » On a remarqué la simplicité apparente et la finesse madrée de ces demi-aveux; les courageux efforts de la pupille pour mettre sa gouvernante à l'abri ; la brève et sèche mention de la mort de cette Catherine Parr, en qui elle avait trouvé une seconde mère et dont elle s'était faite la rivale; enfin la netteté, au reste beaucoup moins surprenante alors qu'aujourd'hui, avec laquelle cette jeune fille aborde sans réticence ni circonlocution les mauvais bruits dont elle est l'objet. Ses ennemis avaient été mal inspirés de lui fournir ainsi l'occasion d'une vive escarmouche et d'une revanche légitime sur des noirceurs dont ils savaient le mensonge. Il n'y avait à lui reprocher que des coquetteries trop vives et ce penchant héréditaire à la légèreté qui, déjà si fatal à sa mère, venait de l'entraîner elle-même parmi les écueils les plus redoutables.

De guerre lasse, on la laissa quelques jours en repos. Tyrwhit conseilla de chercher des armes autre part, c'est-à-dire dans des interrogatoires à faire subir à l'intendant et à Kate Ashley. Le 31 janvier (1549), il informait le Protecteur que , sauf quelques circonstances insignifiantes, arrachées pièce à pièce, il n'obtenait rien. On voit même que sa captive réfractaire avait pris l'offensive. Aussi peu disposée à accuser Mrs. Ashley qu'à s'accuser elle-même, elle ne supportait pas davantage qu'on blâmât sa conduite et disait que ceux qui parlaient ainsi s'en repentiraient. Le malencontreux questionneur s'excusait auprès de Somerset. « Si Votre Grâce savait, disait-il, les persuasions de toutes sortes que j'emploie, et comme je lui fais valoir son honneur, sa sûreté et le danger de son pays, votre étonnement ne serait pas médiocre qu'elle n'en veuille pas cracher davantage '. Mais son amour pour Ashley est surprenant, et néces-

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