Haynes, p
2. That shc wiil no more cough oui matter than she doth. Comme nous tftchoDs de dépeindre une époque el ses mœurs, nous demandons la permission de ne pas traduire noblement la Irès-familière et humoristiqut^ expression du texte.
sairement ne peut être que pour le mal. Cependant si Mrs. Ashley voulait bien s'ouvrir de quelques-unes des choses, dont elle regorge, et qu'ici on en vit quelque partie, alors j'aurais bon espoir de lui faire cracher le tout * . »
Pour cette nouvelle campagne, on s'attaqua d'abord à Thomas Parry. Dans d'autres temps, celui-ci, à qui la gouvernante demandait le silence sur un trait de leur maîtresse qu'elle venait de lui raconter à la légère, aveiit répondu qu'on le tirerait à quatre chevaux plutôt que de le faire parler; mais, au jour de la crise, à peine avait-il su les commissaires du Conseil à rentrée d'Hatfield, que sa constance l'avait abandonné. Lui que n'animaient ni le sang ni la fierté des Tudors, à la fois péril et protection, il courut à la chambre de sa femme en se tordant les mains, avec des cris qu'il aurait mieux valu qu'il ne fût jamais né, qu'il était perdu. Il arracha et jeta à terre ses bagues et sa chaîne de cou, insigne de sa fonction ^, Prisonnier à la Tour, il dévoila sans marchander une partie des détails que nous avons relatés, détails si compromettants pour Elisabeth et sa délicatesse de jeune fille. Kate Ashley s'obstinait à se taire; maîS; confrontée avec Parry, elle plia et, à son tour, ne fut pas avare non plus de confidences du même genre.
Armé de cette double confession, et tout triomphant, Tyrwhit étala devant Elisabeth le minutieux inventaire de ses familiarités choquantes avec l'amiral, du vivant de la reine douairière. Interdite, à demi suffoquée par la honte, elle eut néanmoins la force de lire jusqu'au bout cet écrit mortifiant. Elle affecta même d'examiner attentivement les signatures de ses deux serviteurs, comme si elle suspectait une fraude, quoiqu'il fût évident, dit Tyrwhit, qu'elle les avait reconnues d'un demi-coup d'œil. Alors elle traita l'intendant de misérable ; il avait promis de ne rien avouer, fût-ce devant la mort. « C'était, continuait-elle,
1. Joseph Stevenson, Calendar /br., 1558-1559, préf., p. xxxv-xxivi, d'après Toriginal conservé au Record Office.
2. Robert Tyrwhit au Protecteur, 22 janvier 1549. Haynes, p. 70.
38 l'enquête contre ELISABETH
une chose grave pour lui que d'avoir fait une telle promesse et d'y avoir manqué. » Tyrwliit s'en alla ravi, ne doutant plus que , en l'épouvantant le lendemain pour elle-même, il ne lui extorquât la vérité tout entière ^ .
Mais il s'abusait. Un peu remise de son émotion, Elisabeth reconnut que Kate et Parry n'avaient pas dit un seul mot compromettant sur l'unique point dangereux, le projet de mariage avec l'amiral, puisque leurs déclarations réservaient toujours avec le plus grand soin l'assentiment du Conseil, et qu'ils avaient livré le passé, pour sauver le présent et l'avenir. Aussi, quand M. Tyrwhit se présenta devant elle pour recueillir les fruits de sa victoire de la veille, elle écrivit elle-même ou lui dicta un certain nombre de redites, abrégées de ce qui se trouvait déjà dans les confessions qu'il lui avait communiquées deux jours auparavant, comme la lettre de condoléance de Kate à l'amiral, après la mort de la reine ; les questions de Seymour à Parry sur le chiffre des revenus et sur les lettres patentes ; ou bien des niaiseries : que Kate lui avait dit que l'amiral aurait mieux aimé l'épouser que la reine ; ses réponses à Kate et à Parry, à propos du bruit qui courait de son mariage prochain : à l'une, que c'étaient des nouvelles à la mode de Londres; à l'autre, qu'il faisait des suppositions ridicules, etc. ; elle aussi réserv^ait avec scrupule l'autorité du Conseil. Cela se terminait par quelques lignes de sa main, dans lesquelles elle affirmait que c'était tout ce qu'elle se rappelait de ses conversations avec son intendant et sa gouvernante ; que s'il y avait quelques articles d'omis, elle désirait très-vivement que le Protecteur et le Conseil ne crussent pas que ce fût de sa part intention de rien celer, mais pur oubli. « Car, ajoutait-elle du ton le plus sérieux, si je savais des faits sans les déclarer, je mériterais d'être prodigieusement blâmée, après que Votre Grâce m'a si amicalement écrit par lettres et conseillé par messages de déclarer tout ce que je