Miss Agnès Strickland, p
l'amiral < . Il lui rendit même Kate Ashley avec rintendant Parry . Il lui écrivit des lettres amicales. Toutefois ce ne fut qu'au bout d'un an qu'enfin la jeunesse triompha de la maladie.
La rude discipline de la disgrâce et de la soufirance ramena Elisabeth au soin de la vie intérieure. Elle comprit la nécessité de se renfermer et de disparaître en quelque sorte du monde, afin de réparer dans l'ombre et le silence son honneur endommagé. N'avait-on pas colporté l'histoire d'une sage-femme, introduite la nuit, les yeux bandés, chez une jeune et belle dame, d'un enfant mis au monde et détruit mystérieusement? Elle accepta, sans plus se cabrer, la direction de lady Tyrwhit. Il reste de cette dame un volume de prières du matin et du soir, avec des hymnes et des méditations, qu'elle composa pour l'usage de sa royale pupille. Il abonde en sages et utiles préceptes, plusieurs particulièrement t>pportuns : « Pensez une fois le jour aux nécessiteux. — Soutenez le pauvre en sa juste querelle. — Aidez à pacifier les difiTérends. — Tuez la colère par la patience. — Faites grand cas de la modestie. — Soyez toujours la même. -^ Ayez les yeux ouverts surtout sur vous-même, etc. *. »
1. Tout en lui faisant des remerciements chaleureux, la princesse s'observait dans ses actions avec la plus extrême prudence, comme on le voit par une lettre de Thomas Parry à William Gecil, secrétaire du Protecteur (25 septembre 1549). L'ambassadeur de Venise, obéissant à ses instructions» est venu faire visite à Elisabeth ; on a causé, il a chassé, et U est reparti le soir. Dès le lendemain, eUe ordonne à Parry d'en avertir Gécil pour qu'il en parie ou qu'il dise s'il vaut mieux qu'eUe en écrive ellemême au Ptotecteur. Ce n'est pas que l'entretien ait eu quelque portée ; mais elle ne veut ni recevoir des informations, ni agir en aucune affaire qui ait un air ou une apparence d'importance sans le lui faire savoir ; surtout elle tient à ce que Cécil, dans le cas où il en parlerait au Protecteur, ne manque pas d'ajouter que c'est sur ses instances formeUes. « Toute affaire, même de peu de chose en elle-même, si eUe a un air, un semblant ou une apparence quelconque d'importance, ne sera pas plus tôt dans la tête de la princesse, que milord (Somerset) en aura nouvelles. » Quelques mots de la même lettre indiquent qu'Elisabeth était déjà en rapports de confiance avec Cécil, qui devait être, neuf ans après, son premier ministre. — Tytler, England under the reigns of Edward VI and Mary, t. I, p. 201, 202.