Ascham's Works, t. III, the Scholemaster, liv. I, p
Les rudes et terribles corrections étaient les seuls guides de ces pauvres enfants, réduits à tâtonner sur cette voie ingrate, dans Teffort et l'épouvante. Ascham s'en indigne. Il voudrait que, par la douceur du maître et par une équitable compensation entre les fautes et le travail, l'école fût pour l'élève de bonne volonté « un asile contre la crainte » *. Au contraire, que voyaiton? Les jeunes gens sortaient de l'école, baissant à la perfection leur maître, et désormais pleins de mépris pour l'étude. <c Demandez à dix gentilsbommes pourquoi ils ont oublié si vite, une fois à la cour, ce qu'ils avaient appris à grand renfort de temps à l'école, huit d'entre eux, ou je veux qu'on me cherche querelle, en rejetteront la faute sur les mauvab traitements de leurs maîtres 2. »
Douceur, enseignement raisonné, voilà l'un des secrets d'As- ( cham, aussi honorable pour son cœur que pour son esprit. Maintenant, en quoi consiste cet enseignement? D'abord, apprendre à l'enfant les parties du discours ; puis, l'accord du substantif avec l'adjectif, du sujet avec le verbe, du relatif avec Tantécédent ; se garder de lui faire parler latin dans ses exercices sur la syntaxe, en souvenir de cette parole de César que le choix des expressions est la source de l'éloquence ' ; et, sans perdre de temps, le mettre aux prises avec les auteurs anciens. Alors j et c'est ici qu'est l'originalité de sa méthode, il place entre les mains de l'écolier un recueil de lettres de Cicéron, que Sturmius avait choisies et graduées à l'usage des commençants ; il lui indique le sujet et la matière de l'une d'elles, la lui explique en anglais et l'analyse très-soigneusement, de façon à lui en donner la complète intelligence. L'enfant répète; après quoi, sûr de son texte et laissé seul, il le traduit en anglais par écrit sur un cahier. Cela fait, il met de côté le livre letin, et, après
1. As the school'house should be counted a sanctuary against fear. Liv. I, p. 120.