PRÉFACE VU
ment S dramatiques ne manquent pas dans les vingt-cinq premières années d'Elisabeth.
Mais ce n'est pas tout. Indépendamment du récit des faits proprement dits, n'est-il pas intéressant, pour l'historien et le philosophe, de chercher de quelle manière, parmi de telles circonstances, les facultés se développent chez cette princesse, le caractère se forme ; comment cette rude et parfois terrible discipline l'instruit , la façonne au gouvernement qu'elle doit exercer un jour ? Aussi avons-nous cru devoir insister sur l'histoire psychologiqiie de ses jeunes années, comme un de ces tableaux curieux et instructifs qui s'offrent rarement à l'analyse.
Nous l'avons fait sans parti pris, uniquement appliqué à chercher la vérité et la justice, en dehors des panégyristes aussi bien que des détracteurs. Louant et blâmant selon notre conscience, nous avons tâché de mettre en lumière les qualités et les défauts de cette reine extraordinaire, à laquelle, pour prendre place parmi les personnages historiques que l'on admire le plus volontiers, il n'a manqué qu'une seule qualité peut-être, celle qui achève toutes les autres, celle qui siérait si bien chez une femme, la bonté.
Enfin un attrait d'un genre tout particulier, l'attrait des problèmes , s'attache à cette première époque d'une existence fameuse. C'est presque un paradoxe, et pourtant une vérité, de dire qu'aujourd'hui encore elle est mal connue, non pas seulement en France, mais aussi en Angleterre. Elle a été comme éclipsée par le règne lui-même et dénaturée dès ce temps-là. L'histoire en fut écrite du vivant d'Elisabeth. L'enthousiasme religieux et patriotique des narrateurs, la haine qu'ils portaient au règne de Marie Tudor les entraînèrent à mettre du côté de Tune tous les mérites,