‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 4 sur 133 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

toutes les grandeurs, toutes les belles actions, et à ramasser sur l'autre toutes les iniquités, toutes les noirceurs. Passant à côté des défaillances, des torts de leur héroïne, sans les apercevoir, ils recuellirent et enregistrèrent pieusement, sans aucune critique, les dires populaires, comme autant de vérités incontestables. Ainsi se créa une légende qui, surperposée à Thistoire, en prit la place. Répétée d'une génération à l'autre, elle a fait loi jusqu'ici. Entamée toutefois çà et là, par les plus sincères de nos contemporains, maintenue au moins dans son esprit essentiel par ceux qui aiment a répéter les traditions, ou par tel qui raconte d'après une idée préconçue, elle n'a pas encore été l'objet d'un travail de restitution dans son ensemble, d'après les véritables sources historiques. C'est là ce que nous entreprenons à l'aide des documents authentiques dont nous parlerons tout à l'heure, et nous espérons y être parvenu. Par exemple, pour choisir quelques points principaux, on prétend que Marie Tudor se prit d'une haine implacable contre sa sœur, à cause d'une rivalité d'amour; qu'elle aimait un jeune homme du sang royal, Edouard Gourtenay, par qui elle eut l'affront de se voir préférer Elisabeth. Or nous démontrons que jamais Marie n'aima Gourtenay; que, loin d'être jalouse de sa sœur, elle eut très-sérieusement la pensée de les marier ensemble, et qu'elle n'y renonça que sur le refus catégorique de Gourtenay lui-même et sur les conseils de Gharles-Uuint. Nous avons raconté avec quelques détails les négociations pour le mariage de la reine avec PhiUppe, fils de l'Empereur, moins parce que nous avions l'occasion d'en présenter un récit exact et certain pour la première fois (la raison n'eût pas été suflBsante), qu'à cause de leur connexité avec les intérêts et les dangers d'Elisabeth, avec les menées et les

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