‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 31 sur 133 · The scholemaster, liv. II, p · texte numérisé non relu

The scholemaster, liv. II, p

Pline, Epist.j VII, 9 : « Tm memineris sut cujusque generis auctores dUigenter eligere, Aiunt enim multum legendum esse non multa. » Souvenezvous de faire un choix attentif des auteurs dans chaque genre. Car c'est une maxime qu'il vaut mieux approfondir ses lectures que de les étendre.

une lettre ou un récit, emprunté pour le fond et les expressions aux textes expliqués en dernier lieu. L'élève le transportera en latin; et Ton terminera, comme d'habitude, par le rapprochement avec l'original *.

A côté de l'étude du latin, celle du grec suivra une marche semblable, l'une se reliant à l'autre, au moyen de la traduction du grec en latin, et du latin en grec '.

Ascham, outre l'esprit et le fond des méthodes contemporaines, en combat encore très-vivement la forme, c'est-à-dire l'enseignement oral, qui dominait à peu près exclusivement. Il veut que l'élève écrive, et qu'il écrive assidûment. « Écrire tous les jours, dit-il, c'est le seul moyen de développer dans l'esprit la facilité de compréhension et la fidélité chez la mémoire ^. »

1. Âscham (p. 174) continue son livre par Texamen des divers procédés que les humanistes employaient pour Tétude des langues. Il en compte six : la traduction, la paraphrase, la métaphrase, Tabrégé, l'imitation, la déclamation (Translatio linguarurriy Paraphrasis j Metaphrasis , Epitome^ Imitatio, Declamaiio), La traduction constitue la base de son système particulier. Il conseille aussi Timitation, comme moyen de s'approprier les modèles. Mais il désapprouve le reste. Nous n'avons donc pas à le suivre plus loin.

2. Ici encore, les anciens servent de guides. Cicéron, de Oratore, I, 34, recommande par la bouche de Grassus, à celui qui se forme à l'éloquence, de traduire en latin les discours des grands orateurs grecs. Pline [Lett,, VII, 9, à Fuscus) veut également qu'on s'exerce à traduire du grec en latin et du latin en grec.

3. The Scholemaster, liv. II, p. 175. V. aussi liv. I, p. 93, 94. Quand U tient ce langage, outre son expérience personnelle, Ascham a en vue les préceptes de Cicéron , dont il s'inspire avec une fidélité scrupuleuse.

« Ce qui doit passer avant tout, a dit le grand orateur, et ce que nous ne faisons guère, parce que cela exige un travail que nous craignons, c'est d'écrire beaucoup. »

La plume est le meilleur et le plus exceUent des maîtres pour nous former à l'éloquence : <i Stilus optimus et pnestantissimus dicendi effector ac magister, » De Oratore I, 33. — Est-il besoin de dire que la méthode appliquée par Cicéron à l'éloquence est également applicable à tous les autres genres de culture de l'esprit ? Tout récemment, ces questions de méthode ont été posées de nouveau et débattues parmi nous. La méthode orale a été préconisée avec beaucoup d'ardeur et d'exagération. Sans doute, quand on se représente le maître au milieu de ses élèves, qu'il tient sus-

12 Là Méthode d'enseignement

Ne nous arrêtons pas davantage sur ce livre ; et, afin de ne pas perdre de vue qu'il contient la substance de Téducation littéraire d'Elisabeth et pour ainsi dire de toute une époque, finissons par le témoignage que Tillustre érudit rendait à la fois à son écolière et à son propre enseignement : « Notre très-noble reine Elisabeth n'eut jamais en main une grammaire grecque ou latine, une fois qu'elle posséda la déclinaison et la conjugaison. Mais, uniquement par cette double traduction quotidienne de Démosthènes et d'Isocrate S chaque matin, sans y manquer, et de quelque endroit de Cicéron l'après-midi, elle arriva, en persévérant dans ce travail un an ou deux, à une si parfaite intelligence des deux langues, à une telle facilité d'élocution en latin, et cela avec tant de jugement, qu'il y a bien peu d'hommes dans les universités ou autre part en Angleterre qu'on puisse mettre en comparaison avec Sa Majesté dans les deux langues ^. »

pendus à sa parole, comme jadis les philosophes lorsqu'ils s'entretenaient avec leurs disciples dans les jardins d'Athènes, la beauté pittoresque et morale du tableau séduit ; et il semble qu'on atteigne à l'idéal même de la didactique. Mais la nature humaine a des exigences plus complexes. Disons-le après les autorités imposantes que nous citions tout ^ l'heure, (a méthode orale, loin de suffire, n'est en réalité qu'une partie, et pas la plus substantielle, du véritable enseignement. L'élève, parvenu à un certain degré d'instruction, ne profite utilement des leçons du maître qu'à condition de s'approprier ce qu'il a entendu ; et il ne saurait y parvenir qu'au moyen du travail écrit, qui l'oblige h se recueillir, afin, d'une part, de fixer et de classer les idées acquises, et, d'autre part, de les exprimer dans les meilleurs termes, qu'il se serve soit de sa propre langue, soit des langues classiques ou étrangères : do.uble effort d'analyse et de synthèse, éminemment favorable à la culture des facultés. Ascham a raison ; l'autre méthode est chimérique. On peut dire, il est vrai, de la sienne que le détail de ses prescriptions n'est pleinement praticable que dans l'éducation privée (comme, au reste, l'annonçait le titre même du Sckolemaster, spécialement à l'usage de Véducation privée de la jeunesse chez les gentilshommes et les nobles). Plusieurs de ses procédés peuvent être surannés ; soit. Mais les principes essentiels demeurent excellents ; et l'ensemble du Scholemaster offre un modèle digne d'admiration.

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