PRÉFACE IX
complots d'Antoine de Noailles, ambassadeur de Henri II, pour empêcher à tout prix ce mariage, môme en renversant Marie et en lui substituant sa sœur cadette sur le trône. De cette manière, nous avons pu mieux déterminer le rôle d'Elisabeth lors du soulèvement de Wyatt. Les papiers de Bedingfeld nous ont permis de renouveler l'histoire de sa captivité à Woodstock, tandis qu'on n'avait jusqu'ici que la légende. Une autre légende, c'est que Philippe, soit politique ou passion, fut amoureux de sa belle-sœur ; qu'au temps où il croyait Marie grosse, supposant qu'elle succombât à son travail, il prenait déjà ses mesures pour épouser Elisabeth ; qu'une fois certain que sa femme ne lui donnerait pas d'enfants et que la maladie la condamnait à une fin prochaine , il jeta ses filets pour s'assurer d'Elisabeth après elle. Nous prouvons qu'il ne fit pas ces calculs révoltants; qu'au contraire, il poursuivit avec ténacité le dessein de donner Elisabeth en mariage à Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, jusqu'à ce que l'invincible résistance de la princesse et la lassitude de la reine le rebutèrent enfin. Chemin faisant, nous avons eu lieu de rectifier ou d'expliquer beaucoup d'autres faits , de rétablir les dates et l'ordre chronologique, dont les annalistes et quelques historiens plus modernes ne se sont pas toujours préoccupés suffisamment. En uiï mot, nous n'avons rien négligé pour appuyer notre récit sur les bases les plus sûres et les recherches les plus approfondies, et nous n'avons jamais donné pour certain que ce qui nous paraissait acquis définitivement.
En nous attachant à un personnage historique tel qu'Elisabeth, nous avons pensé que ce serait en méconnaître l'importance, que de nous restreindre à une histoire étroitement personnelle ; ne convenait-il pas d'élargir le cadre, et, tout