LA PRÉTENDUE JALOUSIE DE BIARIE CONTRE ELISABETH
Voilà donc comment Marie Tudor, après plus de trois mois de délibérations, disons d'anxiétés, prit la résolution d*épouser le fils de Gharles-Quint. Certains auteurs ont défiguré cette histoire d'étrange sorte. Gregorio Leti *, Bumet •, David Hume *, Vertot *, ont rapporté que Marie s'était éprise du brillant Gourtenay. Mais lui, magnanimement insensible à l'appât du trône, avait engagé son cœur à Elisabeth, plus jeune^ plus attrayante, et, pour parler comme Bumet, celle des deux sœurs qui, dans le lot modéré de beauté qu'elles tenaient de la nature, avait reçu de beaucoup la meilleure part. Quand donc, chez une cadette dont elle détestait déjà la naissance et l'hérésie, l'ainée trouva encore une rivale préférée, alors, blessée jusqu'au fond de l'âme, elle ne mit point de bornes à sa colère et ne respira plus que
1. Historia overo vita di Elisabetta regina cTInghilterra detta per sopranome la comediante politica, Amsterdam, 1693, t. I, p. 227-234, 240.