Renard, tU, ibid., p
3. « Lesquelz elle met peyne d'entretenir, estimant (comme j'entendz) s'en prévaloir dans bien peu de jours ; espérant d'avoir son congé en brief pour s'en aller en sa maison ou elle a par cy devant demouré. »
INTRIGUES DE NOAILLES i57
A ce spectacle d'Elisabeth et de Gourtenay défavorisés » Noailles se réjouissait. Avec un plaisir d'artiste, il admirait combien Tun et l'autre seraient instruments propres à troubler le royaume, tout en regrettant, sur un ton de mélancolie assez comique, qu'on eût sujet de craindre, vu la jeunesse et le peu d'expérience de Gourtenay, qu'il ne fût trop timide pour saisir l'occasion, et qu'il se laissât plutôt prendre que de rien exécuter, selon l'habitude des Anglais, « qui ne savent jamais fuir leur malheur ni prévenir le péril de leur vie ^ » Gourtenay, disaitil encore, vaudrait deux mille hommes pour le service du roi, et, ajoutait l'incorrigible, pour celui de la reine d'Ecosse, dont l'avènement en Angleterre lui paraissait toujours, comme à beaucoup d'Anglais, la conséquence probable des troubles qui s'élaboraient *.
Gette fois, le roi, loin de le rabrouer, pour employer une expression que les manières du connétable de Montmorency, son ministre dirigeant, avaient mise à la mode, entra pleinement dans les passions de son représentant. Gonveôncu enfin que le mariage espagnol était sérieux, il conçut une colère furieuse contre cette reine d'Angleterre, qui avait l'audace de ne pas conformer ses choix au goût de son bon frère de France. Il ne parla de rien moins que de la perdre entièrement. Il félicita Noailles d'avoir empêché Edouard Gourtenay de passer sur le continent. Il lui ordonna, si la reine se résolvait à épouser le prince d'Espagne et qu'il y eût apparence que Gourtenay fût disposé et eût moyen de brouiller les cartes, de lui promettre secrètement du soutien. Le roi ne doutait pas, « si ledict de Gourtenay avait assez de cœur et de dextérité, qu'il ne luy fust aysé, avecques la faveur des aultres malcontans, faire ladicte Royne plus pauvre et plus malheureuse qu'elle ne fust oncques ; ce qui luy
Noailles au roi, 30 novembre 1553 , et Mémoire de ce que le sieur tTHo* gius fera entendre au roi,,. Vertot, t. II, p. 273-274, 288.
1. Mémoire de ce que le sieur tfHogius fera entendre au roi,.. Vertot, t. Il, p. 289. Premiers jours de décembre 1553.