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serait très-bien deu , puisqu'elle s'oublie si avant. » Venait ensuite la recommandation d'être très-froid aux ouvertures, jusqu'à ce que les choses fussent venues à point ; puis un conseil à IHisage de Gourtenay et de ses amis, en cas qu'on les découvrît et que l'affaire fût déplorée : qu'ils se souvinssent alors des tragédies fraîchement exécutées pour ne se pas « laisser mettre la main au collet. Ce n'est qu'une femme peu pourvue de conseils, et de gens qui puissent beaucoup, d'autant leur soyt aysé à y pourvoir, s'ilz ont assez de sang aux ongles et de sagesse *. » Paroles qui sonnent étrangement dans la bouche d'un roi ; le même, en 1548, avait réprimé avec la dernière cruauté la révolte de Bordeaux, où il avait été question seulement de réclamer les franchises de la Guyenne et pas un instant de renverser le trône.
Elisabeth persistait dans sa demande de quitter la cour. Marie était incertaine. Renard, disant qu'elle voulait se rendre ainsi plus libre dans ses rapports avec les mécontents, conseillait de la retenir encore et de dissimuler avec elle, ou plutôt de la mettre à la Tour 2. Il prétendait qu'elle avait reçu plusieurs fois la nuit dans sa chambre l'ambassadeur de France, pour s'entretenir avec lui de projets de mariage suggérés par le roi. L'accusation était fausse ; elle n'eut pas de peine à se disculper '. Marie alors consentit à son départ. Renard, modifiant sa tactique extérieure, alla visiter Elisabeth, comme elle allait partir, et, sous un masque d'amitié, il ne négligea rien pour l'éloigner des Français *. Après lui, ce fut le tour du comte d'Arundel et
1. Lettre du roi, Fontainebleau, 23 novembre 1553. Nous tirons cette curieuse pièce inédite des Archives du ministère des Affaires étrangères : Angleterre, 1553-1554, originaux, f. 550 ; et Copies des dépêches et mémoires des ambassades de MM. Noailles en Angleterre, 1. 1 et II vCn un seul), p. 175-J76.
2. Renard à Charles-Quint, Londres, 3 décembre 1553. Man, Rec. Oyf., 1. 1, p. 829-830.