Noailles au roi, 14 décembre 1553. Vertot, t. II, p
4. « Et feis tous efforts servant au temps, et contraires aux praticques françoises. » Lett. à Charles-Quint, Londres, 8 décembre 1553. Man. ,Rec, Off.9 t. I, p. 852. Le sagace Noailles devine très -bien que Tautorisatiou
de lord Paget de lui faire de la morale : si elle suivait un autre chemin que le droit, lui dirent-ils, elle pourrait s'en repentir, Elisabeth ne demeura pas en reste : son mobile en religion, leur répondit-elle, n'était pas l'hypocrisie, mais la conscience et l'aflFection; afin de le témoigner par des effets, elle prendrait dans sa maison des gens d'Eglise, éloignerait ceux de ses serviteurs qui étaient suspects, et ferait tout ce qui serait agréable à la reine. Elle oflFrit en outre de prouver qu'elle n'avait pas prêté l'oreille aux Français ni aux hérétiques * .
Marie la gratifia d'une coiffe de martre zibeline et de deux riches garnitures de grosses perles, ses bijoux de prédilection. Aux adieux, Elisabeth la supplia, si jamais on lui faisait des rapports contre elle, de ne pas les écouter, mais de vouloir bien l'en avertir; qu'elle se justifierait et dévoilerait les inventions et les mensonges de ceux qui ne désiraient que son malheur 2, Enfin, le 6 décembre 1553, elle partit pour sa maison d'Ashridge *. La scène fut brillante. Près de cinq cents gentilshommes à cheval lui firent une escorte d'honneur *, empressement qui, dans l'état de l'opinion, avait l'air moins d'un hommage rendu à une princesse de la maison royale que d'un défi de popularité à la souveraine. A peine en route, elle écrivit à Marie qu'elle était malade et lui demanda à emprunter sa litière; à son arrivée, nouvelle lettre pour solliciter des ornements d'église, chapes, chasubles, calices, croix, plats, en un mot les objets nécessaires au service de sa chapelle, c'est-à-dire à la célébration de la messe. La reine se hâta d'exaucer un tel vœu, « puisque, ditelle à Renard, c'estoit pour le service de Dieu, et que par effect
de départ et la « bonne chiere » que Marie fit à sa sœur lors de ce départ provenaient des conseils de l'ambassadeur impérial. Lett. au roi, 14 décembre 1553. Vertot, t. II, p. 308, 309. «. /rf., ibid., p. 852, 853.
2. Renard à Gbarles-Quiut, Londres, 8 décembre 1553. Mon. Rec. Off., t. I, p. 853. NoaUles au roi, 14 décembre 1553; Vertot, t. Il, p. 309, 310,
3. Nous ayons déjà dit que cette maison était située dans le comté de Buckingham, à trente-trois milles au N.-O. de Londres.