Strype, t. III, p
2. Il résulte môme de la correspondance de Renard que Marie aurait donné un premier ordre d'exécution durant rinsurrection de Wyatt. « Si son commandement a été faict, écrit-il à l'empereur, on trancha mardy la teste à Jeanne de SufFocq et à son mary. » Lett. à Cbarles-Quint, Londres, (jeudi) 8 février 1533 (4). Man. Rec. Off., t. I, p. 1180. Ce mardi tombait le 6 février, et Wyatt ne fut vaincu que le 7. Il faut croire ou que l'ordre royal ne parvint pas à la Toiu*, ou bien que le lieutenant de la Tour, iutimidé par l'incertitude des événements, n'osa pas y donner suite. Voir nuftsi Granvelle, Papiers cTÉtatf t. IV.
ARRESTATION D'ELISABETH A ASHRIDGE 195
de son père et de sa mère, Jane apporta dans la mort, où son mari, Guilford Dudley, la devança de quelques heures, la constance modeste et magnanime qui Ta rendue si touchante parmi les martyrs des passions humaines (12 février 1554). Plût à Dieu que, fidèle à ses premiers sentiments, Marie Tudor eût suivi la miséricorde plutôt que la stricte rigueur du droit I Quelle auréole autour de sa mémoire I Et chez Thistorien, rebuté de tant de scènes si brutalement tragiques, quelle reconnaissance de respirer un moment sur un grand acte de douceur et d'équité * !
Une demi-heure après cette lamentale exécution, Edouard Courtenay, d'abord donné en garde au comte de Sussex *, entrait à la Tour ', d'où bien peu de gens auguraient qu'il dût cette fois sortir vivant. On mit à la potence des miliciens de Londres qui avaient déserté à l'ennemi et plusieurs hommes du Kent *, Marie fit gi'âco à quatre cents prisonniers du commun, et l'on prit des mesures pour entamer le procès des chefs.
Mais ce dont les conseillers, ou pour mieux dire le conseiller de la reine, celui qu'elle avait appelé son confesseur, Renard, ce dont ils avaient soif par-dessus tout, plus encore que du sang de
1. Bumet, si peu favorable à Marie Tudor, dit cependant que Ton jetd géaéralement le blâme de la mort de Jane Grey sur le duc de Suffolk, son père, plutôt que sur la reine, « car, poursuit-il, de rivaliser pour une couronne, c'est un point si délicat que ceux mêmes qui déplorèrent le plus sa mort ne purent pas faire autrement que d'excuser la reine, qui parut avoir été conduite à cette mesure plutôt par la raison d'État que par aucun ressentiment personnel. » History of the Rcfomialion of the Church of Englnnd, t. II, p. 233, édit. 1715.
2. Noailles au Connétable, M février 1553 (4), Vertot, t. III, p. 63.