The Chronicle of queen Jane, etc., p
4. M. Froude admet qu'il y eut quatre-vingts ou cent exécutions de ce genre. Lingard croit pouvoir les réduire à soixante environ. Ce chiffre est encore terrible. Mais Lingard rappelle que ceux qui dans ce même siècle prirent part à une insurrection, les uns contre Henri VIII, les autres contre Elisabeth, expièrent leur attentat par des exécutions bien plus nombreuses encore; et quelles effroyables vengeances la maison de Hanovre n'exerça-t-elle pas en plein xvm« siècle, après les insurrections jacobites de 1715 et de 1745 ? Sous Marie Tudor, quatre seulement des chefs de celte seconde insurrection montèrent sur Téchafaud : le duc de Suffolk, Thomas Grey son frère, William Thomas et Thomas Wyatt
196 ARRESTATION d'ÉLISABETH A ASHRIDGE
Jane Grey, c'était le sang d'Elisabeth. Selon les Impériaux, il était impossible que leur prince vécût avec sûreté en Angleterre, tant qu'Elisabeth vivante serait là pour être l'âme des complots et le drapeau des insurrections sans cesse renouvelées.
Le soir même de la défaite de Wyatt, Renard conseilla à la reine, qui l'avait mandé, de délibérer sur l'arrestation de Courtenay et d'Elisabeth, sur la brève et rigoureuse justice des traîtres* : et le jour du supplice de Jane Grey, quel langage l'ambassadeur impérial tenait-il à Marie?
« Qu'elle ne debvoit perdre l'occasion du chastoy, ainsi respecter (considérer) que Cortenai et ladicte Elisabeth sont les deux têtes du royaume qui peuvent incliner le peuple à conjure ; que les punissant, puisqu'il estoit notoir ilz ont délinqué et mérité la mort, elle demeure sans doubte (crainte) en son règne, d'aultant que l'on a tranché la teste à Joanna de Suffocq et à Guillefort son mary ; que toute la maison de Suffocq est abolie, pourveu que l'on fasse justice des trois frères; que les prisonniers qui sont tous héréticques, estant exécutez, causeront entier restablissement de la religion ; ajoutant , dit-il, toutes les persuasions qu'il m'a semblé convenir en ce faict^. »
Quant à Charles-Quint, il avait pris les devants par une lettre du 31 janvier, dès les débuts de l'insurrection*. Bientôt, en faisant partir de nouveau le comte d'Egmont pour l'Angleterre avec mission de porter, en son nom, la ratification du traité de mariage , de disposer favçrablemeut les grands par de bons propos ou des libéralités , et de passer de là en Espagne au-devant du prince Philippe, il le chargea aussi de réclamer les extrêmes rigueurs contre Elisabeth et Courtenay^.
1. Renard à Charles-Quint, 8 février 1553 (4). Man, Rec, Off,, t. I, p. 1182.
2. Renard à Charles-Quint, Londres, 12 février 1553 (4). Man. Rec. Off,^ t. I, p. 1203, 1204. Le 11 février, Marie écrivait à l'empereur qu'elle pensait que la défaite des rebelles lui permettrait d'établir fermement ses affaires et d'achever l'alliance commencée. « Par le chastoy exemplaire d'iceulx, disait-elle, le royaulme sera pm*gé. » /«/., i6., p. 1197, 1198.