Holinshed, p. 1103, 1104 et
2. Nous nous dispenserons de prendre ici le langage de Fambassadeur au sérieux, puisque toute sa correspondance antérieure est pleine de la culpabilité de Gourtenay aussi bien que d'Elisabeth. Nous avons même remarqué qu'il la représentait comme engagée dans la conspiration au delà de la vraisemblance.
3. Noailles à M. d'Oysel, 29 mars 1554 ; au Connétable, 31 mars ; dans Vertot, t. III, p. 140, l4l, 145. Rosso parle aus^i des promesses qu'on aurait faites à Wyatt. / Successi cTInghilterra.,, Ferrare, 1560, p. 51. Cependant Renard, dans la volumineuse correspondance du Hecord Office, ne dit rien de cette négociation qu'on lui attribue, quoiqu'il ait l'habitude de rendre compte à son maître des incidents même les plus menus. Charles-Quint, de son côté, conseille invariablement le châtiment des coupables principaux, dont assurément Wyatt faisait partie, et le pardon pour le reste. Point d'allusion à un marché de clémence tenté près du condamné.
près d'Elisabeth et l'accusa de complicité avec Wyatt, Pierre Carew et les autres gentilshommes de l'Ouest. Elle répondit qu'elle n'avait jamais eu connaissance de leurs projets *. Gardiner, incrédule, lui dit en insistant que le plus sûr pour elle serait de se remettre enire les mains de la reine et de lui demander pardon. Elle répliqua^ que de s'abandonner à la reine, ce serait confesser un crime, et que le pardon était fait pour les coupables. Qu'on lui prouvât d'abord qu'elle était criminelle, alors, mais alors seulement, elle userait du conseil du chancelier *.
Après cet interrogatoire, la discussion se ralluma très-vive au Conseil, plus partagé et plus agité que jamais. Les amis secrets d'Elisabeth, mis au pied du mur, soutinrent qu'il n'y avait pas de preuves légales suffisantes pour l'emprisonner ; qu'il fallait avoir égard à son rang dans le royaume ; qu'on pouvait la garder sans la mettre à la Tour. En même temps, ils reprochaient avec emportement à Gardiner de mettre ses soins à examiner les prisonniers sur la religion, en négligeant le point principal et le crime d'État. Ils le taxaient de connivence avec certains contre le service de la reine. Le chancelier trancha la dispute par une inspiration digne de sa renommée de finesse. La reine ayant projeté de passer à Windsor les fêtes de Pâques, qui tombaient le 2o mars, et de là de se rendre à Oxford, où elle avait convoqué le Parlement pour les premiers jours d'avril, il n'était pas possible de laisser Elisabeth seule au palais, en possession pour ainsi dire de la capitale. Il leur demanda qui d'entre eux
1. Foxe, t. VIII, p. 607. Heywood, infatigable à justifier Elisabeth, tombe ici daus une erreur qui prouve combien les historiens anciens de cette princesse sont étrangers à toute critique des faits. Selon lui, Elisabeth apporta, comme preuve à Tappui de son innocence, les paroles que Wyatt avait prononcées à son heure dernière sur Féchafaud, et par lesquelles il Tavait exonérée de toute participation au complot et à Tinsurrection (p. 88). — Heywood ne prend pas garde que cet interrogatoire d'Elisabeth ayant eu lieu le 16 mars^ et l'exécution de Wyatt ainsi que ses déclarations, vraies ou fausses, le 11 avril suivant, il commet un criant anachronisme.