‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 68 sur 133 · The Chronicle of queen Jane.,. y p · texte numérisé non relu

The Chronicle of queen Jane.,. y p

2. T. VIII, p. 619. Tremaine avait été arrêté pour participation à l'insurrection de Wyatt. Noailles au roi, 20 janvier 1554 (5), Vertot, t. IV, p. 147.

3. Renard à Charles-Quint, 3 et 17 avril 1554. Man. Rec. Off., t. II. Renard commence une lettre du 24 mars 1553 (4) à Charles- Quint par ces mots : « J'ay satisfait au deuxième point des lettres du sieur d'Arras par mes lettres du 23 présent quant à la procédure contre Cortenai et Mme Elisabeth. » Malheureusement, cette lettre, qui aurait pu être si utile, n'est pas dans le Man. du Record Office. M. le Bibliothécaire de la ville de Besançon, à qui nous nous sommes adressé, nous a répondu qu'elle n'existe pas non plus dans les papiers de Granvelle.

4. tt L'admirai s'est coléré au grand Chamberlain de la royne qui a la garde de ladite Élizabeth et lui a dit qu'elle feroit encores trencher tant de testes, que luy et autres s'en repentiroient. » Renard à Charles-Quint, 7 avril 1554. Man. Rec. Off,, t. II. Le mot est vif, mais le récit obscur. Est-ce l'amiral, est-ce le chambellan qui parle ? Comment supposer que Tamiral s'exprime en de tels termes sur une nièce qu'il veut sauver ?

1554). Celui-ci avait trempé dans le complot ; mais il eut le talent de prouver qu'il ne tombait pas sous le dernier bill relatif au crime de haute trahison. C'était la première fois, sous les Tudors, qu'un jury osait se montrer indépendant. Marie en fut malade trois jours '; Les ennemis de Gardiner rapportent que, bourrelé d'inquiétudes pendant cette indisposition de la reine, tremblant pour le catholicisme et pour lui-même, si le chemin du trône venait à s'ouvrir tout à coup devant Elisabeth, il prit sur lui d'expédier au lieutenant de la Tour sir John Brydges, depuis peu lord Ghandos, un ordre du Conseil de procéder surle-champ contre elle à une exécution à mort. Mais l'honnête officier s'y serait refusé , à moins d'avoir la signature de la reine ; même il serait venu demander à cette princesse quelles étaient au vrai ses intentions. Elle aurait désavoué la hâte féroce de ses ministres. Il y a longtemps déjà que le chancelier n'a plus besoin d'être défendu contre cette calomnie. Les panégyristes de la grande reine ont eu soif pour elle de martyre après coup. Peu satisfaits des réels et sérieux dangers qu'elle avait courus alors, ils ont semé cette partie de sa vie de pièges, d'atroces machinations, afin de faire mieux éclater les desseins de la Providence sur sa personne, puisque tant de fois elle avait pris la peine de la sauver. Si l'on avait découvert au procès des preuves matérielles de culpabilité, à condition toutefois que la position de Courtenay n'en fût pas aggravée, Gardiner l'aurait probablement livrée au bourreau ; mais il était l'homme de la légalité, incapable de se souiller d'un assassinat '. Comment aussi aurait-

1 . Les jurés furent emprisonnés et mis à l'amende. Mais le bénéfice de leur verdict demeura acquis à l'accusé, quoique Ton continuât de le détenir encore près de dix mois sous un prétexte.

2. M. Fronde, t. VT, p. 212, note, regarde ce récit d'Holinshed {Chro- 7iicles,.,y p. 1130) comme très-probablement controuvé.

Mais il ne serait pas éloigné de penser que, en voyant diminuer les chances d'une condamnation judiciaire, on eût songé à trancher le nœud définitivement. Il s'appuie à cet égard sur le regret manifesté par Gardiner à Renard qu'on n'y allât pas rondement. Gardiner faisait allusion aux obstacles qui gAnaient la marche légale du gouvernement et sa sévé-

il eu cet excès d'audace, précisément à TJieure où la souveraine qui faisait sa force était incapable de veiller aux affaires, quand le Parlement était encore en session, et lorsque le Conseil, plus déchiré que jamais, remplissait Renard d'appréhensions? « Les partialitez, envies et malveillances des conseillers, écrivait celuici le 22 avril, juste au moment de l'attentat supposé de Gardiner, se sont tant accreues et descouvertes, que présentement les ungs pour dépist des autres ne se treuvent au Conseil. Ce que Tung fait, l'autre le deffait ; ce que Tung conseille, l'autre le déconseille. L'ung parle pour saulfver Cortenay et l'autre Élizabeth, et y a telle confusion que l'on n'attend synon que la querelle se démesle par les armes et tumulte ^ . » Lord Howard en particulier dissimulait de moins en moins son mécontentement de la détention de sa petite-nièce *. Inutilement, la reine, stimulée et soutenue par Renard, criait-elle tous les jours après ceux de son Conseil; rien ne se faisait *.

Lord Paget continuait à contrecarrer le chancelier. Un moment, le crédit de ce seigneur avait été ébranlé auprès de la reine. Mais il s'aperçut opportunément que la croyance à la transsubstantiation avait succédé chez lui à l'opinion contraire, et qu'il était nécessaire aussi de rétablir le catholicisme. Alors il recouvra l'appui de Renard, qui n'oubliait pas combien son concours avait été efficace dans la négociation du mariage. L'un et l'autre s'entendaient également pour brider l'emportement religieux du chancelier, afin de ne pas se mettre toutes les difficultés sur les bras à la fois. On ne s'étonnera guère que, selon Renard, le mariage dût avoir le pas *.

rite, et non pas à des pensées d'assassinat. — Du reste, aucune indication chez Renard. Foxe (t. VII, p. 592; VIII, p. 619), en racontant ce trait prétendu de Gardiner, dit que l'ordre d'exécution avait été signé par plusieurs du Conseil. Ce plusieurs est assurément une invraisemblance de plus.

1. Lett. à Charles-Quint, 22 avril 1554. Man, Rec, Off., t. II.

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