‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 74 sur 133 · Bedingfeld Papers, p · texte numérisé non relu

Bedingfeld Papers, p

laissés : << Allez leur dire de ma part ces mots : tanqtmm ovis, » comme la brebis qu'on mène à la boucherie ^

Dans la troisième journée (21 mai), elle alla de Windsor à la maison de sir William Dormer, dans le village de West Wyckham. Ce voyage, comme celui qu'elle avait fait au mois de février, d'Ashridge à Westminster, montra de nouveau combien elle était chère aux cœurs anglais. Dans la campagne, les populations accouraient en masse sur ses pas. C'étaient des larmes, des prières, des cris d'amour. Au départ de Windsor, les écoliers du collège d'Eton se présentèrent; puis, à chaque village, la foule des paysans. Les femmes avaient préparé des gâteaux et des gaufres qu'elles jetaient pôle-mèle dans sa litière avec des bouquets. Presque suffoquée sous les témoignages de cette naïve tendresse, elle fut obligée de demander grâce *. Sir William Dormer l'attendait à un demi-mille de sa maison, où il lui fit une réception princière.

Le quatrième jour (22 mai), elle se rendit chez lord John Williams de Tame, à Ricot, au milieu du même concours. Quelques hommes du village d'Aston sonnèrent les cloches, honneur qui n'appartenait qu'au souverain. Les lords , attentifs à ne pas laisser franchir la juste limite, ordonnèrent qu'on s'assurât de leurs personnes. L'hospitalité de lord Williams fut magnifique. Un grand nombre de gentilshommes et de dames vinrent faire leur cour à Elisabeth, avec le même respect et le même élan que si elle eût été en pleine faveur. Le lendemain matin, elle parcourut les jardins et entendit la messe, au milieu de cette foule brillante, qui lui donnait les apparences de la liberté et de la grandeur. On a prétendu que Bedingfeld grondait et qu'il rappela rudement à cette noblesse que ce n'était qu'une prisonnière d'État ; qu'ils eussent à prendre garde à ce qu'ils faisaient; mais le lord de Tame, son égal, lui aurait imposé sUence '.

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