‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 75 sur 133 · Foxe, t. VIII, p. 614-616. Heywood, p · texte numérisé non relu

Foxe, t. VIII, p. 614-616. Heywood, p

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Cependant aucune trace d'humeur ni de dissidence ne se laisse apercevoir dans ses rapports à la reine. Au contraire, il loue de bon cœur la courtoisie des lords à Tégard d*Élisabeth *.

La cinquième et dernière journée ne fut pas moins animée que les précédentes. Ici, les populations, rassemblées en masse, saluaient Elisabeth du cri : Dieu sauve Votre Grâce f Ailleurs, comme à Islyppe, on se distribuait les rôles. Les hommes et les enfants se tinrent à l'entrée du bourg, avec un ménestrel qui chantait. La princesse s'arrêta quelque temps à Técouter. Les femmes, groupées à l'autre extrémité de la ville, lui adressèrent à leur tour des adieux passionnés. A Woodstock même, terme de ce voyage singulier, la foule se pressait. Mais par derrière brillaient les hallebardes des soldats, et se dressait le château fort, la prison (23 mai 1554).

La prison de Woodstock est toute une épopée dans la jeunesse si traversée d'Elisabeth. Les écrivains de son temps l'ont chantée, sur le mode de l'idylle et de la tragédie, selon cette parole qu'elle avait jetée au sortir de Richmond, en se comparant à la brebis, emblème d'innocence et victime dévolue au couteau. De nos jours, grâce à la publication des papiers de Bedingfeld, on connaît mieux le fond des choses ; et sans mépriser la légende, qui a toujours le mérite précieux d'indiquer l'état et la pente des esprits, on est en mesure d'y substituer l'histoire avec des faits précis et nouveaux. Cette seconde captivité d'Elisabeth n'y perdra sans doute pas en intérêt *. L'étude des caractères dans leur réalité n'est-elle pas l'attrait essentiel d'un tel sujet?

1. A propos de sir Will. Donner, il termine en disant qu'il traita trèsbien Sa Grâce, tant pour le vivre que pour le coucher; et de lord Williams de Tame, qu'elle fut merveilleusement bien traitée, pour le vivre comme pour le coucher, p. 150 et 152.

2. Nous nous faisons un devoir de rappeler, ici encore, que c'est le savant ouvrage de miss Agnès Slrickland, la Biographie de Marie Tudor, qui nous a mis sur la voie des Papiers de Bedi?igfeld. Notre cadre embrassant seulement la jeunesse d*Élisabeth, nous avons puisé à cette source des détails en plus grande quantité que l'auteur anglais, qui n'y touchait que par un côté de son travail.

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Elisabeth, à Woodstock, ne fat pas logée au château proprement dit, sans doute parce que les appartements royaux se prêtaient mal aux exigences d'une réclusion, mais dans un bâtiment attenant aux défenses de ce manoir *. C'était une construction assez délabrée, mal couverte, où Ton avait préparé à la hâte quatre chambres, que Ton tendit d*étoifes appartenant à la princesse ou bien à la reine ; prison peu sûre, puisqu'il n*y avait que trois portes fermant avec clefs et barres, et partant grand motif (ttnqutétude et de tourment pour ceux que leur service plaçait auprès de Sa Grâce, dans une maison si vaste et au milieu d'un pays qui ne leur était pas familier *.

Elisabeth s'enferma dans sa chambre. Lord Williams de Tame et l'escorte, d'environ quatre-vingt-dix cavaliers, couchèrent à la Loge, dans le parc. Le lendemain après midi (24 mai), il prit congé de la captive et s'en retourna chez lui, la laissant sous l'autorité du seul Bedingfeld.

Les historiens, dont nous avons relevé plus d'une fois les nombreuses exagérations et inexactitudes, ne tarissent pas en sarcasmes et en reproches sur ce gardien d'Elisabeth ; ils le dépeignent comme un personnage tracassier et un bourreau, chez qui l'odieux le dispute au ridicule. Est-il besoin de dire que Bedingfeld" était un honnête homme, loyal, plein de respect et de sollicitude sincère pour la grande lady dont il avait la charge ? La .preuve, c'est qu'Elisabeth, étant sur le trône, lui donna des marques d'estime. Mais le poids de sa responsabilité l'accablait. Soupçonneux et toujours inquiet, il n'osait rien prendre sur lui. Pour les incidents les plus minces,'il demandait des directions au Conseil, qui, de son côté, n'était pas moins prompt à prendre l'alarme. La reine lui prescrivit de veiller à la garde et à la sûreté de sa sœur, avec tous les égards qu'exigeaient le soin de son propre honneur à elle , le rang et le sang royal de la prisonnière. Elle permit la promenade dans les jardins en com-

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