Bedingf. Pap., p
4. Nous trouvons là-dessus son propre témoignage. En avril 1586, lorsquelle tenait Marie Sluart prisonnière à Chartley, elle dit à M. de Châteauneuf : u Monsieur l'ambassadeur, vous avez grande intelligence et secrète avec la reine d'Escosse, mais croyez que je sais tout ce qui se fait en mon royaume ; et puis j*ai été prisonnière du temps de la reine ma sœur : je
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Au commencement de ce séjour dans un lieu auparavant inhabité et en mauvais état, le feu prit de nuit à un plancher. On Téteignit sans peine et sans dommage *. G est là un beau thème pour Foxe et pour Hey wood : un attentat contre Elisabeth ! on voulait la brûler dans son lit*.
Bais de quels artifices usent les prisonniers pour gagner des serviteurs et avoir de secrètes intelligences. » Ajoutons, en passant, que le prudent Châteauneuf, dans sa correspondance secrète avec Marie Stuart, avait soin de ne rien insérer qui donnât prise sur cette princesse ni sur lui-même. Relations politiques de la France et de l'Espagne avec l'Ecosse. Teulet, t. IV, p. 103.
1. Bedingfeld met en post-scriptum à sa lettre du 27 mai 1554 au Conseil : « Il y a eu quelque danger du feu dans la maison. Nous nous eu sommes tirés avec un dommage insignifiant , grAce à Dieu. » Pap. de Bed., p. 163.
2. Selon Heywood (p. 134), l'honneur d'avoir déjoué cette trame reviendrait à un gentilhomme du comté d'Oxford qu'il ne nomme pas et qui, dit- il , avait été adjoint à Bedingfeld. Le même , toujours d'après Heywood (p. 129), avait déjà obtenu pour Elisabeth la liberté de la promenade dans les jardins. Or, nous avons vu que cette permission de se promener se trouve dans les instructions données par la reine dès le 21 mai. Nulle part , les papiers authentiques ne font mention de cet adjoint à l'autorité de Bedingfeld. Heywood donne aussi la prière d'Elisabeth après le danger qu'elle avait coiuni : « gracieux Seigneur Dieu, je me prosterne humblement, les genoux de mon cœur plies devant toi, en te suppliant, au nom de ton Fils, de m'ôtre aujourd'hui et toujours miséricordieux 1 Je suis ton ouvrage , l'ouvrage de tes propres mains, oui, de ces mains qui ont été clouées à la croix pour mes pé*chés. Jette un regard sur les plaies de tes mains, et ne dédaigne pas l'ouvrage de tes mains. Tu m'as inscrite de ta propre main dans le livre du salut. Oh! lis ton écriture, et sauve-moi! Permets que je te parle ainsi; pardonne-moi la prière que je t'adresse. Les maux que j'endure me forcent à parler; les calamités que je soufiTre m'obligent à me plaindre. Si mes espérances étaient bornées à cette vie , alors je serais la plus
I misérable des créatures. l\ faut de toute nécessité qu'il y ait une autre vie ; car ici-bas, bien souvent ceux-là vivent la plus longue vie qui ne seraient même pas dignes de vivre. Les Israélites façonnent des briques, et les Égyptiens habitent dans les maisons ; David est dans la misère, et Nabal dans l'abondance ; Sion est captive de Babylone. N'as -tu rien à réserver à Joseph, que la prison ? à Isal, que la scie ? La tète de Jean- Baptiste n'ornerait-elle pas une couronne aussi bien qu'un plat? Oui, sûrement, il y a une grande rétribution pour les justes, une moisson pour les Ames droites. Tu as des palmes pour leurs mains, des couronnes pour leur tête, des robes blanches pour leur corps ; tu essuieras toute larme de leurs yeux ; tu leur montreras ta bonté dans le séjoiu* des vivants. Comme
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Le régime était rigoureux : point de livres , point de plumes, ni d'encre ; clôture hermétique des portes du jardin lorsqu'elle s'y promenait, sous les yeux du gouverneur. Elle réclama, par l'intermédiaire d'une de ses femmes, car elle était trop fière pour s'exposer personnellement à un refus de son geôlier, elle réclama la liberté de se promener hors des jardins, dans le parc, selon la promesse que le lord trésorier (marquis de Winchester) et le Chambellan (sir John Gage) lui en avaient faite, disait-elle, au sortir de la Tour.
Elle souhaitait aussi des livres et le retour d'un des anciens maîtres de son jeune âge, Johannes Pictones , qui lui avait appris plusieurs langues qu'elle craignait d'oublier*.
Pour les livres, Parry s'était excusé de lui en envoyer , sur ce que ce n'était pas sa fonction. Le beau-fils de l'intendant , John Fortescue, plus hardi, prit sur lui d'en adresser deux fort innocents, le Traité des offices de Gicéron et les Psaumes de David en latin; mais il les accompagna de trois lettres. Il y disait, entre autres choses, n'avoir pas de porte-plume. Ge fut une affaire d'État, et l'envoi fait de cette sorte, et le sens caché peutêtre de ces mots. Le gouverneur commença par renvoyer le volume à Fortescue. La reine, irritée des manèges qu*elle soupçonnait dans Une correspondance si indiscrète, défendit d'ad-
elle est bonne et désirable , Tombre de tes ailes, Seigneur Jésus I Là est le sanctuaire, notre sûr refuge ; là, le lieu de consolation et de rafraichissenicnt de tout péché et de tout chagrin. Quelle que soit la coupe d'affliction dont cette vie m'abreuve, ce n'est rien eu comparaison des amers breuvages que tu as bus pour moi. Secours-moi, ô toi, la force qui me relèveras ; viens, toi, la lumière qui m'illumineras ; apparais, toi, la gloire à laquelle je serai exaltée ; accours, toi, la vie par le moyen de qui je serai un jour glorifiée! Amen, Âmen. » (Heywood, p. 134-138.) Ce morceau, ainsi que d'autres cités précédemment, nous semble être conforme à la fois au goût littéraire et au tempérament d'Elisabeth, chez qui volontiers la colère va de compagnie avec la prière. Tout en implorant le secours divin, elle ne peut pas retenir une sorte de malédiction contre ceux qui ne seraient pas dignes de vivre. Rappelons-nous que dans sa très-authentique lettre à la reine, avant d'aller à la Tour, le même sentiment perce à travers les supplications.