Foxe, t. VIII, p. 618. Heywood, p
campagne, la chanson joyeuse d'une laitière; elle envia le bonheur de Thumble fille des champs et jugea qu'elle avait reçu la meilleure part i : sentiment naturel, même chez une future reine, quand elle est sous les verrous.
Pour tromper les longs mois de sa captivité, elle s'appliquait aux travaux d'aiguille, où elle excellait. Elle appelait à son aide la prière et la lecture, la méditation jusque sur les moindres incidents de la journée. Au dire du biographe, pas un brin d'herbe foulé sous son pied à la promenade qui ne servît à l'instruire. La terre, c'est lui qui parle, ou ce qui rampe sur la terre, l'herbe ou la sauterelle, lui paraissaient les images de sa propre destinée. Alors elle jetait les yeux sur ce magnifique parc, couvert de grands et puissants chênes, dont la tête altière et le vaste branchage étalé dominaient les taillis elles plantes basses. A peine daignaient-ils laisser parvenir jusqu'à celles-ci moins dés rayons de soleil, que les stigmates d'une lumière mourante filtrée à travers le feuillage ; et l'eau du ciel, ils ne souffraient pas davantage qu'elle pénétrât au-dessous d'eux, si ce n'est leur trop-plein et leur superflu, tombés goutte à goutte de leurs rameaux. Ces arbres droits et amples, elle les comparait à la noblesse; les arbustes ou les plantes de plus petite taille, aux communes; le tamaris, la ronce, les buissons, aux plus pauvres et aux moindres d'entre le peuple. Alors, mettant en parallèle le rang des personnes en honneur avec la condition des humbles, elle songeait que la tempête secoue les puissants et souffle pardessus les petits, que leur infériorité préserve ; que c'est la robe la plus longue qui ramasse le plus de souillures; que ceux-là qui portent leurs pas sur les hauts sommets sont les seuls en dinger, tandis que ceux qui tiennent la plaine marchent bien plus en sécurité '.
Ces dernières réflexions, même au xvi* siècle, n'étaient pas neuves ; elles ne consolaient guère. Mais il faut pardonner