‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 89 sur 133 · V. plus haut p · texte numérisé non relu

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â98 PROJET DE MARIER ELISABETH

Poxe rapporte qu'un lord, qu'il veut bien s'abstenir de nommer (c'est Paget], dit un jour aux Espagnols que, tant qu'Elisabeth n'aurait pas la tète à bas des épaules, le roi ne goûterait jamais un moment de tranquillité en Angleterre ^ Gardiner, à son tour, se serait écrié : » Milords, nous nous sommes bornés jusqu'ici à dépouiller l'arbre de ses feuilles et à élaguer quelques branches; mais, tant que nous n'aurons pas mis la cognée à la racine de l'hérésie, nous n'aurons rien fait '. » De tels propos, ajoute-t-on, firent horreur aux Castillans. Ces hommes généreux, pénétrés au contraire de l'idée que le roi ne saurait acquérir de plus belle gloire qu'en procurant la liberté d'Elisabeth, n'eurent pas de cesse auprès de lui qu'il ne l'eût obtenue en effet ' : assertion romanesque, qu'il est sage de ne pas prendre à la lettre. Quant au chancelier, abandonnant l'idée d'un procès criminel, il ne s'attachait plus qu'à la question de succession. Le Parlement, alors assemblé, aurait annulé le droit d'Elisabeth par une déclarition de bâtardise. Les Impériaux, quoiqu'ils parussent y avoir intérêt, ne s'y prêtèrent pas, soit hostilité de rancune contre tout ce qui venait de Gardiner, soit, et telle était l'opinion de Renard, la crainte d'une manœuvre tendant à ouvrir le chemin du trône à Gourtenay, soit aussi que la grossesse apparente de Marie, rassurant les époux royaux sur l'avenir par l'espérance d'une lignée, les dissuadât d'encourir gratuitement Timmense et même dangereuse impopularité d'une telle mesure ^. Autre motif, qui avait déjà guidé la politique impériale dès l'été

i. Foxe, t. VIII, p. 618. Miss Agnès Strickland, Elizabethy p. 105, a suivi Foxe. No as pensons que c*est encore le cas de se défier de l'auteur des Acis and MonumenU. Nous avons vu Paget protéger constamment la personne et les droits d'Elisabeth. Au moment où on lui attribue ce langage indigne, Renard, dans une lettre à Charles-Quint (23 novembre 1554), Taccuse de machiner la mise en liberté d'Elisabeth et de Gourtenay, avec Tespoir que celui-ci pourra retourner en crédit (Papiers (fÉtat de Granvelle, t. IV, p. 341). Ainsi Tassertion de Foxe est évidemment erronée.

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